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cinéma gay

Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 06:28

 

1994, Cuba, 108 minutes 

Réalisation: Tomas Gutierrez Alea, Juan Carlos Tabio, scénarite: Senel Paz,  producteurs: Camilo Vives, Frank Cabrera, Georgina Balzaretti, scénario: Senel Paz, image: Mario Garcia Joya, son: José Maria Vitier, costumes: Miriam Duenas 


avec: Jorge Perugorria (Diego), Vladimir Cruz (David), Mirta Ibarra (Nancy), Francisco Gattorno (Miguel), Joel Angelino (allemand), Marilyn Solaya (Vivian), Andrew rideau (Santero), Antonio Carmona (marié), Ricardo Avila (Taxi Driver), Maria Elena del Toro (passager), Zolanada Oña (passager), Diana Iris Port (Voisin) 

  
 
Résumé

David est étudiant à l'université de La Havane. Nous sommes en 1979. Il vient juste d'avoir le cœur brisé... Un soir, il rencontre Diego, un gay dégoûté de l'attitude du régime cubain envers la communauté gay, et de la répression. Diégo rêve de promouvoir une culture gay cubaine et révolutionnaire. Il souffre d' échouer dans sa tentative de lier à David. Michael, "ami" de David en tant que communiste révolutionnaire, réussi à convaincre David qu'il doit continuer à visiter Diego pour espionner ses activités "contre révolutionnaires".
Peu à peu, par des visites répétées, David découvre Diego. Il s'aperçoit que leurs différences idéologiques ne sont pas un obstacle à la compréhension et l'amitié.... 

L'avis critique

Le film est l'adaptation très libre d'un court roman, écrit par Senel Paz en 1990. C'est Senel Paze qui a fait lui même l'adaptation de son livre. Il a beaucoup transformé et densifié l'intrigue. L'idée était de montrer un amour qui n'était pas basé sur la séduction du corps, mais sur celle de l'esprit, en gardant l'accent sur les questions politiques, ce qui conduit à rendre tout ce qui est d'ordre sexuel tout à fait secondaire. Le cinéaste et le scénariste dans leurs déclarations ont insisté pour dire que le thème de leur film n'était pas d'essence sexuel ou politique, mais qu'il était sur la tolérance. 
Le film est sorti dix ans après le documentaire "conduite inappropriée" réalisé par Nestor Almendros qui dénonçait la persécution de l'homosexualité à Cuba. Par conséquent, le film a été considéré à Cuba comme révolutionnaire. Les Cubains ont afflué à sa sortie dans les salles, craignant que le film en soit bientôt être retiré par la censure gouvernementale. Mais les Cubains en exil n'ont pas été dupe et ont condamné le film comme étant une tentative cynique de propagande, ce qu'il est tout en étant habilement ambigue.  
Par exemple dans la scène de la première visite de David chez Diego, on peut voir des références culturelles qui sont interdites par le régime. Comme les poètes Cavafy et John Donne, et les musiciens Ernesto Lecuona et Ignacio Cervantes. 
Le film a été nominé pour l'Oscar du meilleur film étranger.
Si on fait abstraction du contexte idéologique, ce qui est à peu près impossible pour tous spectateurs un peu informés, le film est plaisant. D'ailleurs l'aspects  propagande du film pour un spectateur béotien et non cubain passe complètement inaperçu. 
Il devient alors parfaitement louable, c'est là qu'il est particulièrement pernicieux puisqu'il montre que l'on peut se comprendre et même s'aimer entre gens qui ont de solides divergences sur les questions sociales, sexuelles ou politiques. Plus subtil que bon nombre d'autres films gay, il ne nous présente pas la confrontation classique entre le méchant et le bon gars. Les deux protagonistes ont tous deux des aspects positifs et négatifs, et ceux-ci font partie d'un tout. 
Le film défend la possibilité que deux personnes qui vivent dans des mondes radicalement différents, peuvent converser, discuter, confronter leurs idées. Bien qu'à la fin, ils ne soient toujours pas d'accord sur la plupart des choses, cela ne signifie pas qu'il n'y a pas entre eux la possibilité d'une amitié sincère. L'inverse est encore un problème très commun dans notre société, puisque le monde semble s'être engagé à souligner que les aspects qui nous rendent différents, plutôt que ceux qui nous unissent. 
Une autre chose qui est mentionné dans le film est le besoin universel de l'amour. Il montre que quelque soit sa personnalité, l'homme souffre lorsqu'il y a une carences affectives, ce qui les pousse les uns vers les autres, et contribue à faire tomber les barrières qui les séparent. 
Peut être qu'après ce billet vous aurez l'envie de vous promener à La Havane
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Dimanche 3 février 2013 7 03 /02 /Fév /2013 07:25

 

 Photoset
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Mardi 29 janvier 2013 2 29 /01 /Jan /2013 08:10


 

France, 55 mn, 1982

 

Réalisation: Lionel Soukaz

 

avec: Didier Hercend, Luc Bernard, Marie Thonon, Copi, Jean-Louis Jacopin, Sabine Morellet, Emmanuel Schaeffer

 

 

Il faut tout d’abord dire que ce film est clairement autobiographique, ce qui est posé dès le générique de début puisque celui-ci apparait au coté de photos du cinéaste enfant avec sa mère, et qu’il fut pour Lionel Soukaz un exorcisme d’une culpabilité supposée qui se voudrait être une catharsis. Un film qui parle d’amour et de mort, la mort de cette mère qui s’en est allée alors que Lionel avait tout juste vingt ans, l’envie de découvrir la planète, une maman qui ne saura jamais l’avenir de son fils... C’est l’histoire d’un début dans la vie sous des couleurs résolument tragiques. Angoisse et déchirement qu’éprouve un adolescent à quitter le havre familial pour voler de ses propres ailes. Non point que le cocon soit douillet, le ménage de ses parents est à la dérive: mère mourante du cancer, père alcoolique (joué par Copi) qui refuse d’admettre l’état de sa femme. Le père et la mère étouffent chacun dans une pièce. Il se créé une complicité secrète entre la malade et le garçon, mais la souffrance sépare de plus en plus la mère du fils. D’un coté la chaleur morbide de la chambre de la mère, que l’on devine dans une HLM de banlieue, de l’autre les séductions irrésistibles de la capitale dévorante, ses bars gay peuplés de garçons au visages d’ange et le poison de ses drogues, mais à l’extérieur il n’y a pas la tendresse de la mère qui pourtant bouffe complètement le fils et bientôt il s’aperçoit que ce monde extérieur est aussi fermé, aussi étouffant que l’appartement familial.

Maman que man” est un curieux mélange de dureté, de cynisme, de désespérance et d’errance, de générosité et de douceur, d’amour désabusé et d’illusions, de violence et de tendresse. L’amant d’une nuit a beau être une canaille en quête d’arnaque (mais l’est-il vraiment: qui est encore responsable, maître de ses actes dans ce film, chacun subit, suit son sort), quand il propose de partir au Brésil, d’y faire des films, tous deux y croient alors... C’est fait à grands coups de carrés bleus et rouge, d’images glauques, épaisses et fragiles comme des vitres des images nocturnes, sombres et somnambuliques que déchirent les éclairs des néons, comme des flashes de réalité, de brutaux éclats de rappel à l’ordre. C’est oppressant, sans air, sans lumière naturelle, comme si la cité l’avait absorbée, sinon celle qui tombe encore sur le lit de supplice de la mère.

Il est important de replacer le film dans son contexte historique, Lionel Soukaz était dans le petit milieu gay parisien du début des années 80 un de ces cinéastes que l’on adulait ou que l’on rejetait, sans demi-mesure, parce qu’il dit des choses que l’on a pas toujours envie d’entendre, parce qu’il gueule sa révolte, son homosexualité, son mal de vivre dans la société toute pavée de tabous.

Si l'on a connu un peu Michel Soukaz on ne peut que reconnaître la justesse de ce qu'écrivait Michel Perez dans le matin en octobre 1982: << Pour Lionel Soukaz, vivre signifie se jeter au brasier et tâcher de se consumer le plus vite que l’on peut. Si l’on veut prendre l’étrange calembour de son titre à l’espagnol, on obtient: Maman, ils brulent.>>

Il serait intéressant de faire une lecture parallèle de ”Maman que man” et de ”L’arrière pays” de Nolot, lecture parallèle à la fois sociologique et émotionnelle de ces deux films et l’on s’apercevra combien ”Maman que man” est plus ”chaud” aussi bien sensuellement que sentimentalement que ”L’arrière pays” plus maitrisé techniquement mais plus à distance de son sujet.”Maman que man” pourrait s’appeler: Mort d’une mère, Soukaz peut se rassurer il a fait de son film un des plus bel hommage à l’amour maternel qui soit. Ce cri étouffe d’amour remue le spectateur jusqu’au plus profond de son être.

 

 

<<Maman j’ai peur. Tu ne voulais pas que je fasse du cinéma. Tu disais que ce n’était pas un monde pour moi, le cinéma. Un truc de fils de riches, un rêve d’enfant. Tu était dans la couture au début, n’est ce pas, tu faisais tes propres robes avec tes patrons et tes craies. Et bien tu sais, le cinéma, c’est une craie sur un clap et des coutures sur le film à la machine. Tu en as passé du temps en blanc sur un lit et papa tout nu qui pleurait dans sa douche. Un jour ils t’ont mise dans un fauteuil en skai, près de la fenêtre et ils m’ont demandé de prendre une photo de toi. Pour dire la vérité tu étais toute pâle et tu avais de grands yeux, avec de petites pupilles, longtemps après j’ai osé porter la pellicule au laboratoire. ET bien c’était tout noir. Rien, il n’y avait rien. Alors j’ai vêcu avec tout ce noir là dans ma tête.>>

Lionel Soukaz.

 

P. S.- J'ai été le glorieux éditeur de ce film en VHS, il n'est jamais inutile de rappeler ses glorieux faits d'armes. Et dans le cas présent en regard des péripéties diverses pour arriver au résultat le terme glorieux ne me parait pas usurpé.

 

Ci-dessous la possibilité d'écouter une excellente émission de France-Culture sur Lionel Soukaz
SURPRIS20020502 - Lionel Soukaz, cinéaste.mp3
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Vendredi 4 janvier 2013 5 04 /01 /Jan /2013 17:49

 

Espagne,2002, 112 mn

Réalisateur Ventura Pons, scénario: Ventura Pons d'après le roman de David Leavitt, image: Moreno, son Carles Marie, décors et costumes: Maria Gil



avec: Juliet Stevenson (Pamela Porterfield), Kevin Bishop (Paul Porterfield), Allan Corduner (Joseph Mansourian), Paul Rhys (Richard Kennington), Craig Hill (Izzy), Leslie Cause (Tushi), Pamela Field (Diane), Naím Thomas (Teddy), Geraldine McEwan (Novotna), Mingo Ràfols (Serveur), Roger Mange (Réceptionniste), Pepa López (Gitan), le Maurice Croix (Hector), Manu Fullola (Chapero), Carlos Castañón (Alden), Hernán González (Zenon), Brenda Roque (Étudiant), Helenika Hellevig (Étudiant), Marianne Choquet (Enid), Sue Flack (Carolyn), Jack McKusay (Fiancé)




Résumé
 
Paul est un étudiant talentueux en musique. Il rêve d'être un grand pianiste. Il est contacté pour tourner les pages des partitions lors du concert d'un célèbre pianiste appelé Richard Kennington qui est une des idoles du jeune Paul. Kennington vit à San Francisco en couple avec son agent Joseh Mansourian qui est aussi son amant. Le virtuose est aussitôt attiré par la jeunesse et la diligence de son joli tourneur de pages. Kennington et Paul se retrouvent de nouveau à Barcelone, où le garçon est en vacances avec sa mère, Pamela, qui essaye de d'oublier son proche divorce. Kennington lui doit donner un concert dans une des grandes salles de la ville.
Paul et Kennington entament une relation qui vont entrainer des complications sérieuses pour tous les deux. Kennington décide de retourner chez lui avant que la relation avec Paul prenne trop d'importance tout en essayant de proposer un compromis avec Paul. En même temps, Pamela commence à se rendre compte que Paul a cessé d'être un enfant. De retour aux Etats-Unis, Paul découvre que sa futur carrière musicale n'a pas autant d'avenir qu'il l'espérait n'ayant pas un talent suffisant pour jouer les premiers plans. À travers ses expériences, Paul et Pamela apprendront à construire une relation plus proche...

L'avis critique

Le film est l'adaptation d'un roman, malheureusement pas encore traduit en France de l'écrivain américain, David Leavitt. Visiblement le grand talent de l'écrivain rejaillit heureusement sur le film, qui tout comme Ventura Pons n'a pas dans notre pays la notoriété qu'il mérite. L'adaptation est assez fidèle au roman. Chaque personnage a une grande épaisseur psychologique bien traduite par une interprétation remarquable. On a plaisir a retrouver Juliet Stevenson, le type même de la grande actrice anglaise. Kevin Bishop est toujours aussi mignon, on l'avait découvert dans "L'auberge espagnole"; il a de bien belles fesses. Mais surtout il fait parfaitement passer la perte de l'innocence. On avait déjà pu apprécier la joliesse de Naím Thomas dans "Caresses", un autre film bien intéressant de Ventura Pons. La grande découverte en ce qui me concerne est Allan Corduner formidable en agent-amant, virtuose de la manipulation.  
Ventura Pons dans son film est à la fois le scénariste, le réalisateur et le producteur. Il montre ici ses dons d'excellent adaptateur. Food of love est assez différent de ses films habituels qui sont plus politiques. Ce qui est intéressant c'est qu'aucun des personnages n'est complètement négatif, ni d'ailleurs positif. Ils se mentent effrontément tout au long du film.
La musique accompagne à la perfection les péripéties de l'histoire et traduit bien les atermoiements des sentiments.
La dernière scène très émouvante et optimiste va à l'heureuse encontre de la vision assez noire de l'humain que l'on avait jusque là en regardant le film.

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Mercredi 19 décembre 2012 3 19 /12 /Déc /2012 07:27

Jack Reavley 85 ans et Bob Claunch, 83 ans sont ensemble depuis plus de 50 ans. Ils se  sont rencontrés à l'armée alors qu'ils étaient tous deux en fonction à la radio des forces armées américaines à Munich. Jack était lieutenant et Bob sergent. Ils sont été ensemble depuis lors. Ils ont gardé le secret de leur relation pendant un an avant d'affronter l'arméees.  Jack avait une femme et deux enfants qu'il a quitté, pour être avec Bob. Ils ont été de démissionné de l'armée pour éviter la cour martiale. Après l'armée ils ont travaillé durant 27 ans dans une station de radio dans une petite ville du nord ouest des Etats-Unis sur la cote Pacifique dans l'état de Washington. Après leurs retraites ils ont fait de la figurantion pour la télévision et le cinémaAujourd'hui, Claunch et Reavley partagent un appartement de 2 pièces dans un ensemble de 104 logements à Hollywood destinés à des aînés à faible revenu qui sont gais, lesbiennes, bisexuels ou transgenres.

Sans avoir la vivacité et les belles images des invisibles, un film de Sébastien Lifshitz ce documentaire est aussi un film précieux pour l'Histoire des gay.

Jackbob

Jack Reavley, à gauche, 85 ans et Bob Claunch, 83 ans

 

Bob Claunch donnant de ses quartiers en 1950

 

Jack Reavley était son chef



Jack Reavley et Bob Claunch en 1952
Capture-d-ecran-2012-12-18-a-14.30.56.jpg
Jack
Capture-d-ecran-2012-12-18-a-14.33.02.jpg
Jack à la fin du XX ème siècle...

 Jack Reavley et Bob Claunch avec directeur Stu Maddux  en 2006

Bob Claunch, directeur Stu Maddux, Jack Reavley sur le balcon de l'
Appartement du couple Gay le 23 décembre 2007

  


 
Bob Claunch (à gauche) et Jack Reavley à une projection du documentaire de Stu Maddux


Bob Claunch et Jack Reavley se rendaient à déjeuner le mercredi 14 mai 2008
le logement pour les séniors Gays et lesbiennes, Hollywood, CA.
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http://www.imdb.com/title/tt0893311/


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