Partager l'article ! Kimonos d'enfants à la bibliothèque Forney: A la bibliothèque Forney, dans le très be ...
A la bibliothèque Forney, dans le très bel hôtel de Sens, madame Nakano nous invite à admirer sa collection de kimonos d'enfant datant de 1870 à 1930.
Madame Nakano, qui est né en 1935 dans le quartier d'Ayukai dans la ville de Shirataka a consacré sa vie à la couture traditionnelle japonaise. Elle a commencé sa collection de Kimonos d'enfant il y a une vingtaine d'années. Elle se compose aussi bien de luxueux kimonos pour lesquels de riches familles avaient payé une fortune, que de kimonos de fête pour des enfants moins favorisé ainsi que des habits du quotidien. Tous les ages sont représentés depuis les vêtements du nouveau-né, jusqu'aux kimono pour la fête des treize ans (A partir de 13 ans, une fille quittait le monde de l’enfance et devait porter, avec un kimono à longues manches flottantes) . Ces habits sont confectionnés de différentes matières, coton, soie...
Kimonos "aux cent vertus" pour bébé - H. 50 cm (à gauche) - Kimono pour bébé garçon - Teinture au pochoir à la réserve sur coton indigo - H. 57 cm (à droite) Époque Taishô
Kimonos pour bébés - Teinture Shibori sur coton indigo - H. 55 et 57 cm - Époque Taishô
Les kimonos anciens d'enfant sont rares car les enfants du Japon d'hier n'étaient pas différents de ceux d'aujourd'hui. Ils mettaient souvent à mal leur vêture à la rude épreuve de leurs jeux. Comme le montre les beaux bois gravés de Miyagawa Shuntei (1873-1914) montrant des jeux d'enfant dont une partie de chat perché et deux bandes de garçons face à face, tableau qui m'a évoqué une guerre des boutons nippone...
Ces kimonos dont certains sont de véritable oeuvre d'art, sont ornés de motif porte-bonheur ou de sujets qui indiquent les espoirs que les familles mettent dans leur rejeton, comme l'association de pins, de bambous et de fleurs de prunier qui serait gage d'une vie heureuse, On trouve aussi fréquemment des représentations de grues (qui ressemblent beaucoup à nos cigognes) qui sont symboles de longévité tout comme les carpes (en écrivant ce billet je porte un yukata sur lequel s'ébattent des carpes, vous devriez donc me supporter encore quelques temps si ces motifs, comme l'espéraient les anciens japonais ont une incidence sur la durée de la vie de celui qui arbore un tel vêtement.). Tous ces motifs avaient pour but de combattre le sort qui faisait qu'avant l'ère Meji beaucoup d'enfants mourraient avant d'être devenu adulte (il suffit de lire le formidable manga Jin pour en être informé).
Si les décors de l’époque Meiji (1868-1912) sont encore très raffinés, l’époque Taishô (1912-1926) aima en général les kimonos aux grands motifs dans des couleurs bigarrées présentant de forts contrastes avec le fond du vêtement.
Les kimonos pour les filles différaient de ceux destinés aux garçons. Aux filles les motifs fleuraux souvent accompagnés de papillons, leur grâce et leur légèreté sont des symboles appropriés pour caractériser les femmes, aux garçons les scènes de chasse au faucon, les casques (lorsque la famille espérait que leur fils ferait une belle carrière militaire), les chevaux. A la fin des années trente et jusqu'en 1945 des motifs de propagande , comme des soldats en armes ou des avions permettaient d'affirmer le patriotisme des familles (il n'y en a pas dans l'exposition).
Kimonos pour garçon (à gauche) - Double ikat sur ramie - H. 86 cm - Époque Meiji - Kimono pour fille (à droite) - Teinture au pochoir à réserve sur coton teint à l'indigo - H.126 cm - Fin époque Edo
Kimono pour garçon - Teinture Yuzen sur soie noire - H. 95 cm - Époque Taishô
Kimono pour garçon - Teinture Yuzen sur soie noire - H. 113 cm - Époque Taishô
Sur certains kimonos on peut voir des scènes tirées de légendes ou de contes comme l’histoire d’Urashima Tarô, le pêcheur qui vivait au fond de la mer ….
kimono pour garçon appartenant à une famille de samurai (les trois "pastilles" que l'on voit en haut du dos du kimono sont "les armoiries" de la famille), le décor de bambous dont la croissance est drue et des pins toujours verts, comparable à une peinture à l’encre de Chine exprime des souhaits de santé et de croissance, motifs destinés plutôt aux garçons. Teinture Yuzen sur gaze de soie bleue foncée - H. 97 cm - Époque Taishô
Si les kimonos pour garçons privilégient les couleurs foncées, noir, bleu ou gris, ceux des filles sont souvent réalisés dans toutes les couleurs variant des teintes claires et nuancées aux plus vives
Kimono pour fille - Teinture Yuzen sur crêpe de soie - H. 87 cm - Époque Meiji
Parfois les dessins sur les kimonos d'enfant étaient semblables à ceux destinés aux adulte pour que les esprit malin ne puissent remarquer les enfant à l'âme plus facilement ravissable que celle des ainés.
Kimono "aux cent vertus" - 197 pièces de cotons différents pour le kimono et sa doublure - H. 73 cm - Époque Meiji
Kimono et Haori - Cotons teints à l'indigo - H. 65 et 57 cm - Époque Shôwa
Les plus curieux, et les plus émouvants sont les kimonos dit aux cents vertus confectionnés en cousant en patchwork des morceaux de tissus que recevaient des morceaux de tissus provenant de vêtements ayant habillés des personnes qui ont vécu longtemps. Si ces kimonos sont le fruit certes d'une symbolique à laquelle s'ajoutaient aussi des contraintes économiques. La culture du coton commença à se répandre dans le sud du Japon à partir du XVIe siècle, mais dans le Tôhoku, région montagneuse aux hivers longs et rigoureux, dont est originaire madame Nakano, les précieux tissus de coton n’arrivaient que sous forme de kimonos d’occasion, aussi gardait-on précieusement chaque petit morceau auquel on s’attachait à donner une seconde vie.
On voit également dans l'exposition de nombreuses pièces de vêtement qui accompagnent les kimonos comme des bavoirs, des bonnets, des sandales, des chaussettes... des jouets comme des balles et des poupées.
Petites bottes en paille de riz des pays de neige - Époque Shôwa
Une belle exposition à ne pas rater, bien présentée, très pédagogique tout en étant accessible grâce en particulier a des cartouches aussi clairs qu'informatif. La visite peut être aussi complétée par le parfait petit catalogue très élégant pour ses vingt euros. Lors de ma visite j'ai eu la chance de tomber sur une conférence itinérante dans l'exposition faite par une dame aussi instruite que sympathique et c'était gratuit...

Nota: ce billet doit beaucoup au site chambre des couleurs dont l'adresse est http://chambre.des.couleurs.france-i.com/blog/ Ce site mérite votre visite si vous êtes curieux et amoureux de l'art et pas seulement de la culture japonaise.
D'autres kimonos sur le blog: Kabuki, costumes du théâtre japonais à la fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent
Le fait de figurer sur ce blog ne suppose ni de l'orientation sexuelle, ni politique ou autre des personnes s'y trouvant.
Il est difficile, voire impossible, dans le cadre d'un blog amateur, d'obtenir toutes les
autorisations de publiernécessaires. Si vous vous reconnaissez sur une image de ce blog ou si vous reconnaissez l'une de vos photographies ou toute autre chose et que vous souhaitez ne pas
apparaître ou simplement ne pas être cité dans ces pages, sur simple demande et après vérification, je retirerai aussitôt l'image ou l'article concerné.
Merci d'avance de votre compréhension.
Une de mes correspondantes me signale votre blog ce matin
Je suis ahurie de constater que non seulement vous avez "emprunté" mes photos mais aussi mes textes et cela sans aucune référence à mon blog
Vous vous êtes permis de faire passer mon travail et mes recherches comme si c'était les vôtres et je trouve cela scandaleux
Je vous demande de respecter l'éthique du net et de mentionner vos emprunts
M C
Toutes mes excuses pour ne pas avoir mentionné votre blog d'autant qu'il est splendide et pas seulement sur la culture japonaise. voici son adresse: http://chambre.des.couleurs.france-i.com/blog/