Eikoh Hosoe

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

Eikoh Hosoe, Photo: Jerry Spagnoli 

Eikoh Hosoe est né au Japon en 1933. Dans les années 1950, quand il était encore étudiant, Eikō Hosoe photographia les prostitués ainsi que tout ce qui touchait aux petites rues glauques et autres bars louches de Tōkyō. Le but étant de montrer une société en pleine évolution, il adopta un certain point de vue documentaire qu'il abandonna vite. En 1959, sa rencontre avec Tatsumi Hijikata (un jeune danseur), lui fit prendre une voie nettement plus théâtrale que le documentaire traditionnel. Séduit par le spectacle jugé scandaleux de Hijikata (une adaptation d'un roman de Mishimaabordant des thèmes comme l'érotisme et l'homosexualité), Eikō Hosoe réussit à convaincre Hijikata de travailler avec lui sur son film Navel and Atomic bomb, un ballet mythique et démoniaque. La présence physique de Tatsumi Hijikata était fascinante presque divine, chose impensable dans une culture où le nu n'existe pas.

 

Eikoh Hosoe, est connu pour le message psychologique que contient ses œuvres photographiques dans lesquels il explore des thèmes tels que la mort, l'érotisme et de l'irrationel. Parmi ses amis et qui furent ses modèles on trouve l'écrivain Yukio Mishima, les danseurs Tatsumi Hijikata et Kazuo Ohno. Le photographe considérait qu'ils étaient les co-auteurs des images les représentant. 

Entre 1961 et 1962 Hoshoe fait de la série "Bara-kei", également connu sous le nom de "Tué par Roses" ou "Ordeal by Roses" qui mettra en vedette Mishima comme un modèle, une série d'instantanés sombre et érotique centrée sur le corps de l'homme. Les photographies ont été prises dans la maison de Mishima même. 

 

 

 


 

 

 


Avec Tatsumi Hijikata, qu'il avait rencontré en 1959, il réalise la série "Kamaitachi" publié en 1969, ces photographies se référent à un être surnaturel, un démon extraordinaire qui hante les champs, armé d'une faucille, ou selon d'autres versions de griffes, cette créature inflige aux personnes qu'elle rencontre coupures et griffures... 







La plus grande et la plus célèbre du photographe japonais est "Le Rêve du Papillon", une série de photographies prises sur plus de 46 ans et qui est un hommage à la danseuse  charismatique de Butoh Ohno. Ce livre a été publié le 27 Octobre, 2006 coïncidant avec la célébration du 100e anniversaire de Ohno. 




 

 

Inspiré par ses contemporains tels que Bill BrandtAnsel Adams ou encore Edward Weston ainsi que la religion bouddhique et shintoïste, Eikoh Hosoe devient le maître d'une quête imperturbable et sacrée du Beau. Photographe, réalisateur de film, professeur, écrivain ou directeur du musée KMoPa, Eikō Hosoe est l'un des grands noms de la photographie japonaise contemporaine. La présence magnifiée du corps nu fut pour lui non seulement une recherche visuelle, mais aussi une réflexion sur l'identité et sur le moi.

 

Autre billet sur un grand photographe japonais qui lui aussi photographia Mishima:  Tamotsu Yato

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