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Duncan Grant, Paul Roche (1947)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

j'ai consacré déjà un long billet à ce peintre: http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-duncan-grant-1885-1978-83978774.html

j'ai consacré déjà un long billet à ce peintre: http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-duncan-grant-1885-1978-83978774.html

Terry Smith

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

En préambule de ce billet je voudrais prévenir les offusqués professionnels, genre useurs de semelles derrière les banderoles natalistes que, bien sûr je vous déconseille de visiter la chocolaterie de McCarthy et plus encore de lire le billet qui suit dont le malheureux et ignare rédacteur est loin de posséder la maitrise de la litote des auteurs de la plaquette présentant cette exposition, performance... je ne sais pas trop comment la nommée, que l'on vous remet gracieusement à l'entrée du labyrinthe qu'est cette chocolaterie. Car je vais évoquer des pratiques salissantes et curieusement (pour moi) sexuelles pour certains comme la scatologie et même la coprophagie...

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

De quoi s'agit-il exactement? Rien de plus à première vue que de la fabrication de figurines en chocolat de différentes grandeurs, mais les plus fréquentes ont une trentaine de centimètres de hauteur, et de leur stockage dans les pièces contiguës à celle ou est implantée la fabrique par elle-même. Les dites figurines proliférant (nous somme dans un work in progress) car leur vente est bien inférieure au nombre que l'on fabrique, elles sont en passe d'envahir totalement les locaux de la Monnaie de Paris, récemment restaurés à grands frais. Les figurines sont de deux sortes. La première est identique, en beaucoup plus petit, à l'arbre (tree en anglais, nom de l'oeuvre) qui a été dégonflée par les offusqués dont je parlais à l'entrée de mon article. Les dit offusqué y avait vu un plug géant alors que moi dans ma candeur cacochyme je pensais que c'était un pion d'un d'échec pour Titan (je suis actuellement très marqué par « L'invasion des titans » manga et animé qui font fureur en ce moment au Japon). La seconde représente le père Noël tenant ce même plug.

Il faut peut être à cet instant de la description de la manifestation, que j'éclaire certains, encore plus candide que moi, sur ce qu'est un plug.

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

Cet objet sert a obtenir un plaisir annal lorsqu'on s'assoit dessus (enfin c'est toujours pareil, seulement pour les amateurs de ce genre de plaisir). Une sorte de godemiché spécialisé en quelque sorte. Son introduction peut en outre être le préambule à des plaisirs plus importants, si je puis m'exprimer ainsi. Car l'objet peut être utilisé pour dilater l'orifice en question dans l'espoir (?).. d'y faire entrer des éléments plus copieux et donc d'éprouver un plaisir plus vertigineux encore (je ne peux pas vous faire un dessin, ni être plus explicite sous peine de faire interdire ce blog, certains s'y essayent avec beaucoup de constance et je ne veux pas leur tendre la perche). On voit que la vandalisation du plug de la place Vendôme par des coincé du cul est d'une logique biblique...

J'en étais à ce degré de réflexion quand soudain j'ai compris quel était le but de McCarthy: combler tous les trous du visiteur ne serait-ce que de manière virtuelle. La virtualité tient une grande place dans cette installation qui demande au visiteur beaucoup d'imagination. 

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

Vous comprenez bien que la jouissance du premier trou, dont il est question plus haut, est problématique in situe (en raison du public et de quelques articles de loi particulièrement pudibonds). Vous pouvez toutefois différer ce plaisir en achetant un plug en chocolat à la boutique de l'exposition. Il vous en coutera 50 € tout de même, mais la boite est très jolie. Il me semble néanmoins que pour prendre du plaisir avec votre nouvelle acquisition, il vous faudra être en de bonnes dispositions d'une part, et d'autre part, faire l'expérience dans une chambre froide; sinon la chaleur de votre corps risque de faire fondre l'objet et rendre son introduction plus délicate. Malheureusement cet environnement climatique risque de nuire à « votre bonne disposition ». Les chairs se resserrant avec le froid. Vous pouvez en conclure que l'heure de visite aura de longs et fructueux, mais probablement douloureux, prolongement à votre domicile. Une telle opération peut en outre déboucher sur une expérience coprophage. Je vous laisse imaginer... toujours pour des raisons d'iniques censures

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

Autres orifices qui vont se réjouir vos narines. Dès l'entrée de la manifestation qui commence par l'exposition de la machine servant à fabriquer les figurines, machine qui oeuvre pendant toute l'exposition et est alimentée par deux jeunes filles qui semblent échappées d'un manga, l'engin est curieusement sise dans une sorte de cabane de trappeur, on est assailli par l'odeur du chocolat qui devient de plus en plus prégnante au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans l'installation. Là selon votre constitution vous serez soit écoeuré, au bord de ce que l'on appelle assez improprement la crise de foie ou dans un état proche du manque du drogué, car malgré le pullulement des sujets en chocolats il est interdit d'en manger. Ainsi vous errerez l'oeil hagard dans le dédale des pièces encombrées de ces tentantes gourmandises, tel Omer Simpson en murmurant << chocolat, chocolat, CHOCOLAT>>. Vous vous doutez bien que j'étais dans la seconde disposition...

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

Je fus sauvé des affres de la tentation, qui auraient pu me conduire aux dernières extrémités, par les restes de mes dons d'observation. Je vis qu'un des plugs encombrant l'âtre d'une cheminée avait été brisé, se trouvant au niveau du sol, vraisemblablement par un coup rageur de tatane d'un iconoclaste gourmand. Là encore il me semble qu'il faut une explication supplémentaire . Les plugs sont remisés encore tièdes. Les sujets en chocolat adhèrent sur la surface sur lesquels on les dépose. Tout comme le plug courant qui est souvent muni d'une ventouse qui le fixe à une surface, généralement horizontale, ce qui lui évite de riper lors de l'introduction... C'est donc cette adhérence qui explique qu'un coup de pied vindicatif ait pu casser en deux l'objet de ma convoitise.

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

Je me suis donc saisi de la partie supérieure de l'objet, qui pour des personnes à large ouverture buccale peut éventuellement être un substitut à la fellation active, mais peut être que ma libido exacerbée par l'environnement chocolaté me fait m'égarer dans des hypothèses oiseuses, et j'ai grignoté le large morceau de chocolat le restant de ma visite. Non sans avoir soigneusement la moitié restante de la partie supérieure du plug, soit environ ¼ de la figurine à sa place, tournée vers l'extérieur de manière qu'un visiteur peu vigilant, j'en ai détecté quelques uns, ne puisse voir mon demi acte de vandalisme. Il est bien évident que je ne vous encourage nullement à m'imiter sinon que resterait-il de l'oeuvre de McCarthy dans les jours qui vont suivre?

C'est donc ainsi que mon estomac fut apaisé et un de mes trous comblés enfin pas tout à fait car le chocolat de la chocolate factory de McCarthy n'est pas exceptionnel et si sa qualité est honnête, elle est loin de justifier son prix d'achat. Plutôt qu'à notre fils de mormon adressez vous à un rejeton de protestant suisse pour vos chocolats de Noël.

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

L'estomac un peu calé j'ai pu me repaitre sans entrave du son qui accompagne toute la visite, excellente sonorisation qui ravira les orifices que vous avez de chaque coté de la tête. Si on ne doute pas un seul instant que ce que l'on entend sont des grognements de plaisir, plaisir probablement sexuel, on n'identifie pas immédiatement qui peut en être l'émetteur. J'hésitais entre le rut du sanglier ou celui du grizzli nain quand, au détour de mes pérégrinations chocolatés je tombais en arrêt devant la projection d'une vidéo montrant l'artiste lui même poussant ses rauquements d'extase lorsqu'il écrit d'une manière compulsive et d'une écriture saccadée, sur de larges feuilles de papier: fucking america. Il aurait bien tort de se priver d'une telle extase qui demande somme toute peu de moyen. La vidéo passant en boucle vous n'échapperez pas une seconde à l'expression du bonheur de notre installateur. Mais rassurez vous le créateur à d'autres moyens pour atteindre l'extase, notamment la défécation car si on examine bien les dessins sur lesquels il s'est représenté dans cette activité, sa béatitude fait plaisir à voir.

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

J'en réfère maintenant à la sagacité des lecteur qui comme moi iront visiter cette éphémère chocolaterie, car il y a une chose que je n'ai pas compris dans cette manifestation, c'est la présence de plusieurs lits de guingois dans certaines des pièces. Quel est le sens de leur présence? Est-ce une invitation à des travaux pratique? J'attend vos hypothèses.

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris

J'ai pu faire à peu près toutes les photos que j'ai voulu malgré une formelle interdiction de photographier, car les malabars surveillant la chose, peut être intoxiqués par les effluves chocolatées, étaient très statiques. Seul le manque de lumière a été génant.

Si je puis me permettre je vais faire une suggestion à l'artiste. Il me semble qu'il serait intéressant pour les amateurs d'art contemporain (et de chocolat) que le jour de la fermeture la Monnaie de Paris invite les visiteurs à un grand happening, les intimant d'ingérer plugs et pères Noël porteur de plug jusqu'au dernier. Une sorte de remake de la grande bouffe filmée par les caméras de surveillance. Le film de cette orgie de cacao pourrait être ensuite projeté ce qui ferait l'objet d'une autre installation...

Pour faire court en guise de conclusion je n'ai pas regretté mes huit euros, prix de la visite pour avoir eu autant de sens sollicités.  

Chocolate factory de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris
Paris, décembre 2014

Paris, décembre 2014

Mr Turner de Mike Leigh

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Mr Turner de Mike Leigh

 

 

J'entretiens un rapport ambiguë avec la peinture de Turner (1775-1851) comme avec celle de Cézanne, si je reconnais sans barguigner le talent et la place de novateur, de défricheur qu'on ces deux artistes dans l'Histoire de la peinture, j'éprouve souvent plus de plaisir et d'émotion à contempler les oeuvres de leurs suiveurs, c'est surtout vrai pour Cezanne, suiveurs, qui, je vais m'exprimer trivialement, ont en quelque sorte amélioré le modèle. Il se trouve que particulièrement en France, c'est un peu moins vrai ailleurs, on privilégie, à mon sens un peu trop, les premiers qui se sont engagés dans une voie. C'est un choix, il est respectable, mais ce n'est pas celui que je fais dans mon petit musée intime.

J'ajouterais que les toiles de Turner sont les rares qui me donnent envie d'être dans le tableau. Elles ont sur moi comme un effet d'aspiration, comme celle, à encore une plus grande échelle, de Rothko (qu'un de mes commentateurs préférés a eu la bonne idée d'associer à Turner) ou de certaines oeuvres de Kapoor.

Mr Turner de Mike Leigh

Ce n'est donc pas seulement le nom de Turner qui m'a entrainé à voir ce film mais bien plutôt celui de Mike Leigh que je considère comme actuellement le plus grand directeur d'acteurs en activité. Vous me direz qu'il est aidé par l'excellence des acteurs anglais, je vous accorderais bien volontiers cette modération à mon enthousiaste envers le talent de Mike Leigh. Mon envie de voir le film a été augmentée de découvrir un cinéaste véritable maitre du cinéma social anglais se colleter avec le cinéma dit en costumes.

Comme je m'y attendais tous les seconds rôles sont joués à la perfection. En revanche je mettrais juste un petit bémol en ce qui concerne la jeu de Timothy Spall, vieux complice du cinéaste. Il incarne Turner et il est de presque tous les plans. Spall en fait tout de même beaucoup. On sent un peu trop que pour lui c'est le rôle de sa vie. En un mot il cabotine avec ses regards appuyés et ses grognements d'ours mal léché. A la décharge de Spall, Turner lui même cabotinait à l'extrême. Il mettait en scène sa vie, en particulier lorsqu'il s'agissait de vendre ses toiles. Le film le montre à plusieurs reprises. Le grand mérite de Mike Leigh est de faire voir que la peinture est un vrai travail, qu'un peintre, eut-il du génie doit-être une petite entreprise pour pouvoir vivre de son art. Il lui est vital de vendre ses tableaux. Pour cela il faut séduire l'éventuel acheteur; et même s'il n'en a pas vraiment le goût, l'artiste doit se répandre dans le monde. Il est nécessaire aussi qu'il s'imposer auprès de ses pairs puis, toute sa carrière durant il lui faudra jouer des coudes pour rester parmi les artistes qui comptent. J'ai eu la chance de connaître quelques peintres de renom et je dois dire que je n'avais jamais avant ce film vu une description aussi juste du métier de peintre. Turner n'était ni un artiste maudit ni un marginal. Il était pleinement à l'aise dans la société de son temps et en était partie prenante. Il regardait avec enthousiasme les progrès techniques qui transformaient l'Angleterre, première puissance économique de l'époque et il a su les faire passer sur la toile alors que la plupart des peintres de son époque se réfugiaient dans la représentation d'un passé mythique. Il ne faut pas oublier que la deuxième partie de la carrière de Turner est contemporaine aux préraphaélites. Au delà de la biographie de Turner c'est tout le milieu artistique de la peinture anglaise de l'époque que Leigh réussit à évoquer. Il parvient, chose rare à filmer d'une manière convaincante le peintre au travail devant sa toile. On le voit également faire de nombreux croquis sur le motif ce qui est surprenant pour un artiste dont le dessin est particulièrement absent de son oeuvre.

Mr Turner de Mike Leigh

Mike Leigh filme la seconde partie de la vie de Turner. Lorsque nous le rencontrons c'est un peintre célèbre. Il vit avec son père dont il a fait son factotum et une servante éplorée d'amour à son égard. Il l'a culbute presque bestialement de temps à autres.

Il n'y a pas que Timothy Spall qui en fasse beaucoup, la mise en scène n'est pas toujours légère, ainsi la pauvre bonne du maitre (vraiment bonne à tout faire y compris de lui servir d'exutoire sexuel) est atteint d'une maladie de peau, vraisemblablement un psoriasis mais à la fin du film, elle semble être arrivée à la phase terminale de la lèpre! De même les scènes de rue avec des figurants qui semblent brandir au dessus de leur tête un panneau ou est inscrit je suis un figurant; on m'a demandé de traverser la rue lorsque la carriole dépasse la silhouette qui est dans l'encoignure du porche. Nous sommes dans la pire esthétique Buttes-Chaumont, ceux qui ont connu feu l'ORTF savent de quoi je parle. A contrario le montage est d'une belle fluidité et les raccords d'une réjouissante intelligence. De même le directeur de la photo a réussi à être digne des toiles de Turner, c'est dire...

Le film est construit à la manière des tableaux impressionnistes par la juxtaposition de touches. Le réalisateur, tout en les reliant subtilement au montage, n'hésite pas à laisser des blancs chronologiques entre certaines scènes. Le spectateur devra donc un peu travailler pour reconstituer la linéarité de la vie de Turner. Et c'est très bien ainsi.

Le cinéaste en s'attardant sur son dernier amour, la tenancière d'un petit hôtel à Margate, parvient in fine à rendre attachant ce grand peintre qui sous ses dehors bourrus cachait un coeur d'artichaut   

Mr Turner de Mike Leigh

Pour retrouver Mike Leign sur le blog:

http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-be-happy-de-mike-leigh-84238065.html

http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-another-year-un-film-de-mike-leigh-122567079.html

Mr Turner de Mike Leigh

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