Pause

Publié le par lesdiagonalesdutemps

8 jours de pause pour faire trempette dans la grande bleue.

Le complexe d'Eden Bellwether de Benjamin Wood

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Le complexe d'Eden Bellwether de Benjamin Wood

J'ai toujours eu un fort tropisme pour les « novel campus », genre presque exclusivement anglo-saxon un peu par la force des choses car qui par exemple aurait l'idée saugrenue de situer une intrigue dans une de nos universités qui sont essentiellement des lieus où tiédissent les lascar...

Or donc à l'automne 2002, Oscar, 20 ans, aide soignant dans une luxueuse maison de retraite de Cambridge, passant devant la chapelle du King College subjugué par les bouffés d'orgue qui lui parviennent, bien qu'athée entre dans l'édifice religieux. Il repère bien vite une fille de son age qui comme lui est captivée par la musique mais peu par l'office.

« Les seuls moments où la jeune fille blonde se tenait tranquille, c’était quand le chœur chantait. Sa poitrine se soulevait, ses lèvres frémissaient. Elle paraissait intimidée par la tapisserie des voix, la clarté du son, les harmonies qui enflaient et inondaient l’espace béant au-dessus de leurs têtes. Oscar la vit battre la mesure sur son genou jusqu’à l’Amen final. Le chœur s’assit, et le silence, tel un parachute déployé, descendit dans la chapelle »

L'intérêt est réciproque. Ils font connaissance. Elle s'appelle Iris et l'organiste virtuose n'est autre que son frère, Eden B. Iris et Eden sont issus d'une riche famille. Ils invitent Oscar à une soirée. Oscar est vite intégré au petit groupe d'amis qui gravite autour de la fratrie mais il est de plus en plus intrigué par la personnalité de l'extravagant Eden. Notre aide infirmier entre dans un terrible engrenage.

Le héros de cette histoire écrite à la troisième personne du singulier est Oscar. Nous allons vivre le drame, nous savons dés la première page que cela se finira mal et qu'il y aura des morts mais nous ignorons leur identité, sachant seulement que ce ne sera ni Oscar, ni Eden. Oscar est un garçon intelligent et sans doute pas trop mal de sa personne bien que Benjamin Wood reste assez flou dans la description de ses personnages. C'est un héros de bonne compagnie, j'ignorais qu'il pu exister des aides soignant aussi vif d'esprit et aussi lettré. Il faut dire qu'il bénéficie des conseil et de la bibliothèque d'un des pensionnaires dont il s'occupe, un ancien et fameux professeur d'anglais de l'université. S'il est intelligent, Oscar est aussi naïf. Mais son manque de clairvoyance envers la famille Bellwether, ne viendrait-il pas de son éblouissement que lui provoque Iris dont il tombe promptement amoureux et du train de vie fastueux sa famille qui n'a rien à voir avec celui de son milieu d'origine. En raison de la candeur du héros on a tendance à avoir un coup d'avance dans la manipulation dont Oscar est victime (du moins on peut le penser). Le grand manipulateur en serait Eden qui prétend que la musique de certains compositeurs, en particulier celle de Mattheson aurait le pouvoir d'affecter et de manipuler émotions et passions et même de guérir. Bien que la chose pour évidente qu'elle paraisse à justement instillé à mesure de la lecture du roman, un doute dans mon esprit et si Eden n'était pas le deus machina machiavélique dans cette histoire! Oscar, bientôt conscient du piège dans lequel il est tombé, tente de rapprocher Eden d’Herbert Crest, spécialiste reconnu des troubles de la personnalité…

Benjamin Wood dont « Le complexe d'Eden Bellwether » qui en regard de la maitrise de l'écriture (la traduction est due à Renaud Morin) est étonnement son premier roman semble avoir des accointances avec les livres d'Hollingurst (Je serais curieux de savoir si ce dernier à commenté le livre de son cadet dans le feuilleton littéraire qu'il tient dans le TSL.), non que l'homosexualité soit au centre de l'intrigue, même si elle n'est pas absente de ce roman, mais parce qu'Oscar à bien des égards est proche des Héros d'Hollingurst. Comme eux, il fait irruption dans un milieu supérieur au sien qu'il observe mi-envieux, mi-craintif. Dans les romans anglais la notion de classe sociale est toujours présente. Et, comme dans les oeuvres d'Hollingurst, Oscar, à son corps défendant va être celui qui par son hétérogénéité avec le milieu où il est projeté, va provoquer la fracture qui conduira à la destruction du microcosme hypocrite et confortable des Bellwether.

Mais Hollingurst n'est pas la seul influence du livre de Benjamin Wood qui est par ailleurs écrit sous l'égide de Descarte, on peut y voir aussi celle de Ian McEwan pour le talent d'instiller une dose d'intrigue policière, et donc de suspense, dans un récit dans lequel, si la résolution de l'énigme policière, présentée en deux pages dans prélude, n'est pas l'enjeu principale de cette entreprise romanesque, est tout de même un moteur très efficace pour que le lecteur tourne les pages avec avidité jusqu'à la dernière. La touche de fantastique que Wood apporte à ce thriller (mais comme tous les bons romans il dépasse le genre, je devrais écrire les genres car « Le complexe d'Eden Bellwether » appartient à plusieurs.), un fantastique un peu à la manière de celui que l'on trouvait jadis dans feu la revue Planète, n'est pas sans rappeler un autre campus novel, « Le maitre des illusions » de Dona Tartt. Mais heureusement Benjamin Wood est moins bavard que sa consoeur américaine, même si le roman est un peu lent au démarrage.

Le récit nous emmène dans les deux mondes très différents que fréquente Oscar, d'un coté celui de La maison de retraite où il travaille et de l'autre celui du quotidien d'un groupe d'étudiants très aisées. L'habileté de Benjamin Wood est d'avoir réunit ces deux univers très éloignés l'un de l'autre par le biais d’un pensionnaire de la maison de retraite, monsieur Paulsen qui s'est pris d'amitié pour Oscar.

C'est avec légèreté mais non superficialité que l'auteur aborde des sujets aussi grave que la déchéance de la vieillesse, le combat d'un malade contre une maladie que les médecins savent inéluctable, la frontière qui sépare le génie de la folie...

Si la construction est impeccable, dès le court prologue, on sait que cette histoire finira mal pour certains des personnages sauf en partie pour Oscar puisque l'on sait qu'il en sortira vivant, alors que d'autres sont morts brutalement mais l'identité des victimes ne nous sera révélée qu'à la fin du roman et l'on sait que le drame s'est déroulé dans la propriété des Bellwether. En revanche, il me semble que l'on ne comprend pas quel est exactement le caractère d'Eden ni tous les rouages de sa machination. La personnalité d'Eden n'est pas sans rappeler celle du personnage de « L'adversaire » d'Emmanuel Carrère inspiré de l'affaire Romand. Mais Benjamin Wood est un véritable romancier ce que n'est pas Emmanuel Carrère.

Benjamin Wood manie l'ellipse avec une grande maestria. Autant vous prévenir certains pans de cette histoire reste dans l'ombre et demande au lecteur un peu d'imagination pour remplir les blancs mais les quelques questions qui ne trouvent pas de réponse ne nuisent pas à la bonne compréhension de l'intrigue mais je n'ai pas été étonné d'apprendre que l’auteur avait «beaucoup coupé!». Pour ma part j'aurais aimé un peu moins d'ellipse et cent pages de plus, non que l'ouvrage soit mince, il fait ses 500 pages mais je suppute que l'éditeur du roman n'a pas été du même avis que moi. Je rêve parfois, pour des livres que j'ai beaucoup aimés, tel celui-ci, d'avoir, comme sur les dvd de certains films, les scènes coupées...

Je n'ai pas été surpris lorsque après avoir dévoré ce roman j'ai appris en lisant une interview de l'auteur qu'il connaissait bien ce dont il parlait: << Comme Oscar, j’ai vécu à Cambridge mais je n’y ai pas étudié. En fait j’ai écrit ce livre à Cambridge, en observant ce petit monde. Quand j’étais enfant, j’ai vécu dans une maison de retraite où ma mère travaillait comme infirmière. Je me souvient d'une enfance entourée d'une foule de «grands-pères et de grands-mères», et Oscar y travaille. J’ai beaucoup de chose en commun avec lui, c’est un reflet de moi.>>.

La bande son est fort importante dans ce roman, ce qui est de plus en plus fréquent. L'importance de la musique dans ce roman, c'est un de ses thèmes, n'est pas surprenante lorsqu'on se penche sur la biographie de l'auteur puisqu'il s'est lancé à 17 ans dans une carrière de musicien. Il compose alors les textes des chansons qu'il interprète avec son frère, mais entre les concerts, les tournées, il lui est de plus en plus difficile de trouver du temps pour écrire. Cinq ans plus tard, le voilà de retour à la fac, pour étudier l'écriture scénaristique et la photographie. Il obtient finalement une bourse pour un cursus de creative writing à l'université de Vancouver et se repaît dès lors d'un enseignement qui lui permet de se découvrir en écrivain de roman. Il se servira de sa passion première, la musique, pour alimenter son premier ouvrage. La lecture du « Complexe d'Eden » s'accompagnerait très bien des oeuvre à l'orgue de Bach à moins que vous ayez dans votre dicothèque les oeuvres d'un certain Mattheson (http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Mattheson), le musicien fétiche d'Eden. Musicien dont à ma grande honte, je n'avais jamais entendu parler et dont j'ai pensé tout au long du roman qu'il était une invention de Benjamin Wood.

Cambridge est un personnage à part entière du livre. J'y aurais passé une partie de l'été par livres interposés, il y a des lieux de villégiature plus désagréables. Y ayant séjournée pendant un bref séjour, il y a quelques année, il faudrait que je vous montre quelques images que j'y ai prises, je vous conseillerais de choisir pour votre escapade sur les bords de la cam, le début de l'automne, période à laquelle le temps peut être encore clément et où les nouveaux étudiants sont encore malhabile à manier la perche qui fait avancer les fameuses barques à fond plat qui glissent sur la Cam; ainsi votre maladresse dans la navigation des barques passera presque inaperçu. L'été la ville est moins plaisante, vidée qu'elle est de ses étudiants mais alors le logement y est plus facile à trouver et surtout moins couteux, mais alors vous pouvez occuper une chambre délaissée pour l'été par son habituel occupant. Ce qui, je suppose pourrait émoustiller plus d'un de mes lecteurs...

Ce roman qui vient d'obtenir le Prix des lecteurs de la FNAC, a été publié en 2012 Outre-Manche où il a connu un grand succès. Les droits viennent juste d’être achetés par la BBC, il y a donc une chance pour que Le complexe d’Eden Bellwether devienne un film. Benjamin Wood est né en 1981 dans le nord de l'Angleterre. Il a étudié au Canada avant de travailler dans l'édition pour la revue Prism International. En mars 2015, il publiera en Angleterre son second roman, dont il a déjà délivré quelques bonnes feuilles,The Ecliptic qui sera le portrait d'une jeune peintre dans le milieu artistique londonien de la fin des années 1950.

J'ai quitté Oscar avec beaucoup de regrets. J'aimerais bien, que dans quelques temps, Benjamin Wood nous donne de ses nouvelles.

Que la jeunesse...

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Kids of Paris  Paris 1954-55  Ihei Kimura

Kids of Paris Paris 1954-55 Ihei Kimura

Jardins des Tuileries  Paris 1951  Agence Keystone

Jardins des Tuileries Paris 1951 Agence Keystone

Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
J'ai photographié cette même cour que celle représentée sur ce tableau à Florence

J'ai photographié cette même cour que celle représentée sur ce tableau à Florence

Tous les deux ans, la biennale des antiquaires est l'occasion de visiter un merveilleux musée éphémère dont l'entrée était tout de même cette année à 30€. Elle offre une diversité que l'on voit presque jamais, à ce niveau de qualité, dans les musées. On peut passer en une vingtaine de mètres d'une armure de samourai à un Sisley puis à un grand tableau de Basquiat. Tous les meubles, objets ou tableaux sont d'une qualité exceptionnelle. 

Il y a beaucoup de rencontres surprenantes mais presque toujours réussies à cette biennale comme ce Miro avec des sculptures africaines

Il y a beaucoup de rencontres surprenantes mais presque toujours réussies à cette biennale comme ce Miro avec des sculptures africaines

un tableau de Soulage en belle situation

un tableau de Soulage en belle situation

Miro

Miro

Magritte

Magritte

Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
un bel ensemble de Fontana

un bel ensemble de Fontana

Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Metzinger

Metzinger

Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Ce joli porte vase provenant de la manufacture de Sèvres et du à Jean-Denis Larue (1815-1884) se trouvait sur le grand escalier de l'Elysée avant que nos présidents en fassent leur demeure.

Ce joli porte vase provenant de la manufacture de Sèvres et du à Jean-Denis Larue (1815-1884) se trouvait sur le grand escalier de l'Elysée avant que nos présidents en fassent leur demeure.

Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Soulage

Soulage

Divertissement (1866) de Gustave-Léonard De Jonghe (1829-1893)

Divertissement (1866) de Gustave-Léonard De Jonghe (1829-1893)

une partie de Dama, (1891) de Frantz Charlet (1862-1928)

une partie de Dama, (1891) de Frantz Charlet (1862-1928)

Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Carte envoyée par Picasso à Max Jacob

Carte envoyée par Picasso à Max Jacob

Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
Bugatti

Bugatti

Sisley

Sisley

Henri Le Sidaner

Henri Le Sidaner

Abel Grimmer

Abel Grimmer

Le chat à sa fenêtre, Henri Le Sidaner

Le chat à sa fenêtre, Henri Le Sidaner

Pour se souvenir de la Biennale des antiquaires 2014
paravent de Lurçat

paravent de Lurçat

Keith Haring

Keith Haring

Keith Haring

Keith Haring

Paris, septembre 2014
Paris, septembre 2014

Paris, septembre 2014

Que la jeunesse... (136)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Robert Doisneau (1912 - 1994)  Libération de Paris, 1944

Robert Doisneau (1912 - 1994) Libération de Paris, 1944

Alexandre Trauner  Simone de Belleville - Paris 1950s
Alexandre Trauner  Simone de Belleville - Paris 1950s

Alexandre Trauner Simone de Belleville - Paris 1950s

Robert Doisneau  Rue Marcellin Berthelot -  Paris 1945
Robert Doisneau  Rue Marcellin Berthelot -  Paris 1945

Robert Doisneau Rue Marcellin Berthelot - Paris 1945

"La panne d’essence" (Run out of gas) 1955  Robert Doisneau
"La panne d’essence" (Run out of gas) 1955  Robert Doisneau

"La panne d’essence" (Run out of gas) 1955 Robert Doisneau

Que la jeunesse... (136)
Ata Kando  Thomas en Juliette Kandó in the train from Paris to the Vendée   France 1952
Ata Kando  Thomas en Juliette Kandó in the train from Paris to the Vendée   France 1952

Ata Kando Thomas en Juliette Kandó in the train from Paris to the Vendée France 1952

Jean-Philippe Charbonnier  Hula hoop - France 1958
Jean-Philippe Charbonnier  Hula hoop - France 1958

Jean-Philippe Charbonnier Hula hoop - France 1958

Paris 12° arrondissement  1945  AFP
Paris 12° arrondissement  1945  AFP

Paris 12° arrondissement 1945 AFP

Quai du Louvre  Paris 1946  Marcel Bovis
Quai du Louvre  Paris 1946  Marcel Bovis

Quai du Louvre Paris 1946 Marcel Bovis

Rue Descartes  Paris 1963  Claude Renaud
Rue Descartes  Paris 1963  Claude Renaud

Rue Descartes Paris 1963 Claude Renaud

1950  Adolfo Kaminsky
1950  Adolfo Kaminsky

1950 Adolfo Kaminsky

Paris 1954  Dorothy Bohm
Paris 1954  Dorothy Bohm

Paris 1954 Dorothy Bohm

Que la jeunesse... (136)
Que la jeunesse... (136)
Que la jeunesse... (136)
Que la jeunesse... (136)
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Que la jeunesse... (136)
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Eugène Burnand (1850-1921)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Eugène Burnand (1850-1921) est un peintre suisse. Il a étudié dans l'atelier de Gérome. Il réalisa de nombreux pastels de "types militaires" reproduits entre autre dans Les soldats dans la guerre des nations. Une collection d'originaux est présentée au Musée de la légion d'honneur.
 

 

Le plus fréquemment reproduit est celui d'Ange Orsi, marin de la légion

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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