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No night is too long de un film de Tom Shankand

Publié le par lesdiagonalesdutemps

No night is too long de un film de Tom Shankand

 

Pas de Nuit est trop long, 4

 

  
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Fiche technique :


Avec Lee Williams, Marc Warren, Mikela J Mikael, Salvatore Antonio, Beverley Breuer, Rob Bruner, Liam Mc Guigan et Philip Granger.

 

 Réalisateur : Tom Shankland. Scénario : Kevin Elyot et Ruth Rendell, d’après le roman de Ruth Rendell signé de son pseudonyme Barbara Vine. Images : Paul Sarossy. Montage : Allan Lee. Musique : Christopher Dedrick. Direction artistique : Peter Andriga.


Canada-Grande-Bretagne, 2003, Durée : 120 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :


Tim (Lee Williams) est un brillant étudiant d’une petite université d’Angleterre non loin de son domicile familial, une station balnéaire du Suffolk. Il ne répugne pas à se faire faire une petite gâterie par sa copine, sur la plage, au clair de lune. Ce qui ne l’empêche pas, au détour d’un couloir de sa fac, de tomber en arrêt – tel le setter moyen face à un col vert égaré – devant Ivo (Marc Warren), un jeune professeur mâle de paléontologie dont bientôt le visage l’obsède. Bravant sa timidité toute relative, il le drague. Au début l’objet de ses désirs est froid comme ses chers fossiles, mais il n’est pas à long à tiédir. Il s’ensuit une torride passion sexuelle. Mais plus Ivo devient incandescent, plus notre inconséquent étudiant se refroidit. Et quand Ivo invite son jeune amant à l’accompagner en Alaska, où il anime des croisières scientifiques, Tim le suit à contrecœur. Arrivé dans un port de ce « bout du monde », suite à un imprévu (?), Ivo doit abandonner son amoureux dix jours dans ce lieu inhospitalier, avant leur embarquement. Le jeune homme nous avait déjà prévenu « que l’ambivalence ne l’effraie pas », même distrait, et c’est difficile devant ce film passionnant, dont je ne vous dévoile qu’une couche de l’intrigue, et encore partiellement. Or donc, ne supportant pas la solitude, il jette son dévolu sur une jeune femme, Isabel (Mikla J. Mikael). Je cite : « idéale pour passer le temps. » Ce qui ne devait être pour Tim qu’une alternative à ses nombreuses visites au bar de l’hôtel se transforme en une passion fusionnelle. Mais au bout de ces dix jours, Isabel prend la fuite et Ivo revient. La croisière qui promettait d’être idyllique se transforme en enfer. L’amour a fait place à la haine. Tim ne rêve que de rejoindre Isabel à Vancouver, mais comment se débarrasser d’Ivo ? En le tuant ?

 
L’avis critique

 
Quand on se met devant sa télévision, même devant un programme de PinkTv, on s’attend rarement à être mis en présence de ce qui devrait être un modèle pour les auteurs de films gays. Voilà, enfin, une production qui ne considère pas l’homosexualité comme une fin en soi et l’unique sujet possible du film, mais comme une chose tout à fait banale et qui, pourtant, la place au cœur de l’intrigue de ce thriller haletant ; en fait le moteur des événements qui précipiteront les amoureux vers l’inéluctable, sans que leur sexualité ne soit jamais culpabilisée. Ruth Rendell a créé le personnage du garçon fatal.
Comme dans toutes les histoires de ces dames anglo-saxonnes qui améliorent leur thé ou leur whisky, au choix, d’une dose de strychnine, les rebondissements sont un peu abracadabrantesques (sic), mais c’est la loi du genre pour que l’on reste, comme ici, scotché à l’écran durant deux heures. Dans No night is too long, nous sommes plus près de Patricia Highsmith que d’Agatha Christie.
L’intrigue, comme dans tous les livres de Ruth Rendell – experte en thriller psychologique depuis quarante ans – pose ces questions : « pourquoi devient-on meurtrier ? » ou «  comment devient-on victime ? » Parce qu’un jour, sans le savoir, on prend une route... ou un couloir au bout duquel se trouve la mort violente. Le cinéma devrait être bien reconnaissant à la romancière. Son roman, L’Homme à la tortue, est devenu devant la caméra de Pedro Almodovar En chair et en os(dvd TF1 vidéo) et L’Analphabète, devant celle de Claude Chabrol, La Cérémonie. Il a aussi adapté La Demoiselle d’honneur, cette fois sans en changer le titre. Claude Miller a fait de même avec Betty Fisher.Toute l’histoire est racontée en voix off par Tim. La plus grande partie du film est constituée d’un flash-back qui nous ramène quelques mois en arrière. Nous assistons à la rencontre de Tim et d’ Ivo, et aux événements qu’elle va générer. Cette narration est entrecoupée par des retours au présent, qui n’en sont pas moins angoissants que les péripéties du passé, mais aussi par des incursions à une époque plus lointaine, dans laquelle Tim vivait dans son collège une amitié particulière avec un aîné. On peut regretter que cette partie n’aie pas été plus explorée, ce qui aurait rajouté un peu d’épaisseur à cet aîné un peu trop falot. En revanche, le film aurait gagné à ce que la durée de certains plans soit raccourcie. Tom Shankland a tendance à les faire traîner un peu trop longtemps. Puisque cette production était d’emblée destinée à la télévision, on peut penser qu’un format de 2 fois 1h30, constituant une mini série, n’aurait pas été de trop au vu de la complexité de l’intrigue et de la richesse des personnages et aurait été mieux adaptée que les 120 minutes du film…
L’un des atouts du film est l’originalité des lieux de tournage. L’Alaska n’est pas l’État des USA le plus filmé et bien peu de réalisateurs ont planté leurs caméras sur les plages du Suffolk, malgré leur indéniable charme. La réalisation ne se dépare jamais d’une belle maîtrise du cadre qui bénéficie d’un éclairage froid et soigné. Elle utilise avec habileté le décor qui n’est pas seulement une toile de fond pittoresque pour l’intrigue mais un véritable acteur du drame. Elle aurait toutefois pu nous éviter des effets spéciaux numériques un peu trop présents, telle cette profusion d’éclairs pour rendre les ciels dramatiques et signifiants ou ce maquillage de l’île fatale en Île des morts de Bocklind. Le directeur de la photographie qui signe de si belles images est Paul Sarossy. Il est entre autre le collaborateur habituel d’Atom Egoyan. On lui doit la photographie des remarquables Voyage de Felicia et La Vérité nue.
Comme presque toujours dans un film anglais, la distribution est parfaite. En particulier Lee Williams qui compose un Tim complexe et changeant qui fait parfois penser au jeune Ripley et à qui on met longtemps à accorder notre sympathie. Il porte le film de bout en bout. Il tient le premier rôle dans un autre film gay, l’extravagant Les Loups de Kromer (dvd BQHL). Il participe à de nombreuses productions télévisées anglaises. On peut le voir en particulier dans le rôle de Jon Forsyte, dans la somptueuse nouvelle version de la saga des Forsyte. Il apparaît également dans Billy Elliot et Mauvaise passe. Marc Warren (Ivo) a une présence étonnante ; son inquiétant magnétisme rappelle celui de Malcom Mc Dowell à ses débuts.
Si les scènes de sexe, aussi bien hétérosexuelles que gays, ne sont pas particulièrement bien filmées, le réalisateur se rattrape en nous offrant de beaux plans tendres et sexy après l’amour.No night is too long est co-produit par la télévision britannique d’État, la BBC. Le film a été diffusé à une heure de grande écoute, la deuxième partie en soirée. Combien de chaînes françaises, hors celles du câble, diffuseraient et produiraient un film comme celui-ci qui met, et montre, l’attirance sexuelle de deux hommes au centre de son intrigue ?

No night is too long peut se traduire par « Les Nuit ne sont jamais trop longues », phrase que dit Ivo à Tim au plus fort de leur amour. Jamais le film ne vous paraîtra trop long. Espérons qu’il fasse école, tant sur le fond, que dans la forme. 

 
 
Aucune Night Is Too Long 1
 
 
Aucune Night Is Too Long 5
 
 
Pas de Nuit est trop long, 2
 
Bande annonce
 
 
pour voir et télécharger le film ICI
 

 

 

 

 

 

 

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Horace Vernet (1789-1863) : Adolescent nu (1810)

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Horace Vernet (1789-1863) : Adolescent nu (1810)

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Vincenzo Aloe

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Vincenzo Aloe
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Rétromobile 2016 (2)

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Rétromobile 2016 (2)
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Un enfant dans la foule, un film de Gérard Blain

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Un enfant dans la foule, un film de Gérard Blain
Un enfant dans la foule, un film de Gérard Blain
Un niño en la multitud, film
 
France, 1976, 120 mn
 
Réalisation: Gérard Blain, scénario: Gérard Blain et Michel Perez, image: Emmanuel Machuel, musique: Jean Scharz, montage: Marie-Aimée Debril
 
avec: Jean-François Cimino, César Chauveau, Anne Novaks, Claude Cernay, Jurgens Doeres
 
Un niño en la multitud, 1
 
Résumé
 
En 1937 les parent de Paul, le confient à une institution religieuse. C'est un déchirement pour l'enfant...
En 1944 Paul, 13 ans, est le mal aimé de sa famille. En quête de chaleur humaine, il découvre, sur fond de guerre, les amitiés particulières et s'aperçoit qu'il peut capter l'attention de certains hommes qui lui apportent une affection sensuelle mais toujours fugitive...
 
Un enfant dans la foule, 2
 
Je vais avoir un peu de mal à parler de ce film qui est un de mes préférés et puis j'ai connu Gérard Blain durant une trentaine d'années. C'était un ami, indulgent et pourtant exigent. C'était aussi parfois un bavard intarissable, surtout au téléphone. Il m'a beaucoup parlé de ses films et aujourd'hui je regrette bien de n'avoir pas enregistré les coups de téléphone de Gérard Blain qui était surtout des monologues. Pour donner le ton de ses appels, j'exhume une de ses réparties faite au micro de RTL lors de la sortie des "Amis": << il vaut mieux qu'un garçon tombe sur quelqu'un comme Philippe qui l'éduque, lui apporte une certaine affection que sur une vieille pétasse!>>.
J'ai eu l'honneur d'éditer "Un enfant dans la foule" d'abord en VHS puis en DVD malheureusement Gérard n'était plus là. J'ai eu, en hommage à Gérard Blain, le souci d'ajouter au film de beaux bonus d'abord la leçon de cinéma de Gérard Blain qu'il avait donnée dans le cadre de l'université  de Strasbourg, puis les premières images tournées par Blain sur le tournage de Hatari d'Howard Hawks. Sur ce montage un texte de Michel Marmin est lu par François Devienne. Ce dvd est le beau souvenir de mon éphémère carrière d'éditeur. Avec un peu de chance vous pouvez trouver ce DVD sur la toile... 
 

Un enfant Dans la foule (1976) 3

Un enfant Dans la foule (1976) 2

Gérard Blain trace dans "Un enfant dans la foule" le portrait d’un jeune adolescent dans la tourmente de la seconde guerre mondiale et du Paris de l’Occupation qui n'est pas très éloigné de celui de Modiano. Paul est rejeté par une mère qu’il adore et recherche dans la compagnie d’hommes plus âgés une affection que lui a toujours refusée un père absent…
 
 
Un niño en la multitud, 2
 
Avec un enfant dans la foule, son chef d'oeuvre nous sommes au coeur du cinématographe tel que le vivait Gérard Blain. Ce troisième film après "Les amis" et "Le pélican" est l'acmé de l'autobiographie transposée du cinéaste. Néanmoins il est bon de rappeler les propos de Gérard Blain à ce sujet: << "Un enfant dans la foule" n'est pas plus autobiographique que "Les amis" ou "Le pélican", si l'on entend par autobiographie l'inventaire d'anecdotes tirées de sa propre expérience. Au contraire mon travail consiste toujours à transposer des bribes, des fragments de souvenir, à les charger sur le plan émotionnel et thématique et à les organiser dans un récit cohérent. Je serais bien incapable de faire un film qui ne me concerne pas intimement mais aucun de mes films raconte ma vie.>>. Il reste qu'il y a une continuité évidente dans les films de Blain, tout comme dans ceux de Truffaut nous suivons Antoine Doinel durant de longues années, trois films de Blain sont comme une biographie de Paul avec qui nous faisons connaissance dans cet "Enfant dans la foule" il a alors sept ans, nous le quitterons dans ce film à quatorze ans. Nous le retrouverons plus âgé que de quelques moi, et toujours joué par César Chauveau dans "Le second souffle" (1978) dans lequel il n'a qu'un second rôle. C'est ce même Paul qui a alors seize ans qui est le héros "des amis" (1971) où cette fois il est interprété par Yann Favre. Puis c'est adulte à la quarantaine qu'il réapparait dans "Le pélican". On peut donc considéré qu'il s'agit là de toujours le même personnage (dans une certaine mesure, le double du cinéaste) dont on suit d'un film à l'autre, la détresse, l'évolution.
Un enfant dans la foule est d'abord le portrait d'un enfant mal aimé. C'est ainsi que fut Gérard Blain de la part de ses parents, c'est du moins l'antienne qu'il ne cessait de répéter pour ne pas dire de ressasser. On voit au début d'"Un enfant dans la foule" que la mère (Annie Kovacs que Blain reprendra pour jouer la mère du même Chauveau dans "Un second souffle") préfère sa fille au petit Paul.
La haute bourgeoisie exerce une certaine fascination sur Paul (ce qui à ma connaissance n'était pas du tout le cas de Blain). Il y a surtout chez lui un désir de s'élever (comme pour le héros des "Amis" mais on a vu que c'était en fait le même personnage).
Le cinéma de Blain même s'il peut s'apparenter à la tragédie grecque est un cinéma sans dieu. Le seul déterminisme que l'on y trouve est un déterminisme social, culturel, politique et moral.
 
Un enfant dans la foule, 1
 
Il y a quelques années je tombais dans les cahier du cinéma sur un papier de 8 pages qui rendait hommage à Gérard Blain, malheureusement après son décès. Elles étaient signées Azalbert. J'en extrais cette phrase qui résume et explique une des thématiques principales de l'oeuvre du cinéaste: <<Le film aborde aussi frontalement un thème qui ne cessera de revenir dans la majorité des films de Blain: les relations homosexuelles entre un adulte d'âge mûr et un adolescent. Il y a une conception grecque de ce type de relations chez Blain. La sexualité se double toujours d'un rapport familial (père/fils), d'un rapport de classes (riche/pauvre) et d'un rapport de transmission (maître/élève). La fascination qu'exerce chez Blain l'homosexualité provient de la complexité et de l'ambiguité qui se nouent entre les amants et qui explique plus généralement les positions du cinéastes face à la société. Ce qui est recherché (l'amour, le père, la connaissance) se heurte à ce qui est détesté (l'hypocrisie, le pouvoir, l'argent). D'où le tragique des films de Blain.>> 
 
A Child in the Crowd, 2
 
Lorsque le film est sorti, on l'a rapproché pour son style, avec raison, de "Pleure pas la bouche pleine" de Pascal Thomas (1973) et de Nous ne vieillirons pas ensemble de Pialat (1972). Pialat et Blain ont eu un moment un projet commun... Ces film s'inscrivaient dans ce que rétrospectivement on pourrait appeler le nouveau réalisme.
Ce qui caractérise le cinématographe de Blain c'est son sens de l'ellipse qu'il expliquait ainsi: Par exemple dans les scènes d'amour, ce qui est intéressant c'est ce qu'il y a avant de faire l'amour et ce qu'il y a après. Je ne filme jamais la relation sexuelle elle-même qui ne présente aucun intérêt sinon pour les voyeurs.>>. Dans un plan, ce qui retient le plus l'attention du cinéaste, donc du spectateur, ce sont les visage d'où un filmage frontal en plans souvent serrés. Il s'en expliquait ainsi:<< Mes plans sont souvent de face. J'évite les perspectives. Les chose sont plus criantes de face. On limite l'espace, le regard y plonge directement (...) j'essaye de réduire de simplifier et d'accroitre le potentiel de force qui réside dans chaque personne (...) par exemple pour Laurent dans "Un enfant dans le foule" (un des suborneurs de Paul) je montre le personnage dans ses actes, je le regarde en face de Paul sans chercher à le confondre comme coupable, je l'observe avec le regard le plus droit possible. C'est au spectateur de faire le reste.>>. On peut penser que cette frontalité vient du cinéma d'Ozu que Gérard Blain admirait beaucoup. Cette esthétique n' s'est pas tout à fait perdue au Japon puiqu'on la retrouve dans certains films de Kitano. 
 
· anchor art. more ><wbr>>. boat anchor · sea anchor · origin fouled anchor power pole anchor system · anchor graphics · anchor
 
Blain construit son film en bouchant la profondeur de champ et en montrant son jeune héros prisonnier d’un monde trop étriqué pour lui. Seul le plan final le montre s’éloigner dans la profondeur du cadre. Il faut noter d’ailleurs qu’à l’occasion, Paul qui se dirige vers les studios de cinéma de Joinville où il va faire ses débuts d'acteur, croise un homme à qui il offre du feu. Ce passant est incarné par Blain qui semble lui-même revenir des studios de Joinville, avant de disparaître : passage de relais symbolique entre une enfance qui s’évanouit et l’homme qu’est devenu le cinéaste… Pour finir laissons la parole à Paul Vecchiali, critique, autre irrégulier du cinéma français, qui, dans la saison cinématographique 1976, écrit à propos de ce film : « Un enfant dans la foule, c’est le vrai regard de l’enfance qui, au-delà des conjonctures, se porte sur l’essentiel, laissant en coulisses, c'est-à-dire aux adultes, tout ce qui est spectaculaire ou événementiel. »
 
A Child in the Crowd, 1
 
bande annonce en version originale
 
 
Le film
 
 
Pour voir le film en plus grand et le télécharger: ICÍ
 

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Bakuman (article augmenté et actualisé)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Bakuman (article augmenté et actualisé)

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Bakuman est un manga dessiné par Takeshi Obata sur un scénario de Tsugumi Oba, les auteurs de Death Note. Obata est aussi le dessinateur d'Hikaru No Go. Takeshi Obata (小畑 健) est Né en 1969 à Niigata. Il commence à être mangaka assez tôt en travaillant auprès de Nobuhiro Watsuki, mais se rend compte qu'il est beaucoup plus doué en dessin que dans la création de scénarii. Il va donc travailler avec des scénaristes. Hikaru no go sera son premier grand succès.

La première qualité qui me subjugue dans le manga est de s'emparer de sujets qui paraissent inadaptables en bande-dessinée en particulier en raison de leur coté statique, comme la fabrication du pain ou le jeu de go et d'en faire des séries passionnantes dont on attend avec impatience chaque livraison.

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C'est encore le cas avec Bakuman qui est centré sur le manga et son élaboration de la table à dessin jusqu'à sa parution.  Les différentes techniques de dessin comme l’utilisation des plumes et leurs différents types, les étapes de création graphiques, de l'élaboration des personnages à l'apposition des trames,  le découpage, le passage par les Nemus et même les relations avec les éditeurs, tout cela est présenté en détail. Cet odyssée est racontée à travers l'éclosion de deux jeunes mangakas, Mashiro, le dessinateur et Takagi le scénariste. Ils sont âgés de quatorze ans au début de l'histoire. Pour renforcer l'impression documentaire, le premier manga du tandem de collégien, ce qu'ils sont au début du récit, est publié dans ce qui est dans la réalité le plus célèbre de tous les magazines de pré publication de mangas, Weekly Shônen Jump dans lequel on peut lire en vrai  One piece, Naruto... et Bakuman! On est invité ainsi à découvrir le fonctionnement de ce célèbre journal. Il est probable que nombre des protagonistes qui y gravitent sont directement inspirés de personnes réelles. Si ce n'est pas la première fois que le manga se penche sur lui même, on peut citer ce chef d'oeuvre qu'est une vie dans les marges ou encore l'hagiographique vie de Tezuka parue chez Casterman, sans oublier  Ma Voie de père d’Horoshi Hirata, Journal d'une disparition d'Hideo Azuma, qui ne présentait pas cet univers d’une manière très positive ou encore le très bon Un zoo en hiver de Taniguchi mais dans ces trois derniers cas le métier de mangaka n'était pas au centre des récits; donc  c'est habituellement dans des seinen (manga pour adultes), cette fois c'est dans le cadre d'un shonen (manga pour garçons) , on peut même dire que parfoidont le public visé est clairement celui des adolescents et jamais le lecteur n'a été immergé jusque là dans ce milieu comme dans Bakuman. Pour bien appuyer leur approche didactique de l'univers manga, les auteurs ont glissé dans chaque tome des nemus originaux (planches dessinées sous la forme de storyboard) de leur travail.  Il est a noter que la B.D. Franco-belge a bien peu révélé ses coulisses, il ne me vient à l'esprit que « Pauvre Lampil » dont l'intégrale vient d'être éditée. A  propos de cette dernière série, il serait intéressant de savoir à quel point Bakuman est autobiographique. 

 

La série a connu un grand succès au Japon, il n'y avait qu'à entrer dans les boutiques qui vendent des mangas pour s'en apercevoir en voyant les piles de Bakuman qui attendaint l'acheteur; la parution d' un nouveau tome etait annoncée dans le métro de Tokyo comme le montre la photo ci-dessous. Le succès fut également au rendez-vous en France où à chaque nouveau volume une gondole entière lui etait dévolu par exemple à la FNAC Chatelet.

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Le réalisme de Bakuman est saisissant et nous montre avec une certaine neutralité les méthodes des éditeurs et leur droit de vie ou de mort sur les séries qu'ils publient. 
On voit aussi plus que jamais comment la popularité de la série influe directement sur le manga lui-même.

Avec une série qui nous parle de la vie de mangaka, on aurait pu penser qu'en quelques tomes on en aurait fait le tour (mais c'est mal connaître les scénaristes japonais). Bakuman nous prouve l'inverse en arrivant à se renouveler quasiment à chaque tome en abordant un nouvel aspect de ce métier bien particulier.

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Quatre chapitres sur cinq sont entièrement consacrés à de nombreuses et très détaillées explications sur le processus complexe qu'est celui de la création et de l'édition d'un manga. Chaque étape du travail d'édition nous est exposé clairement et simplement, des discussions entre auteurs et éditeurs aux concours pour jeunes mangakas et autres sondages.

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Il serait dommage cependant de considérer Bakuman comme seulement un documentaire romancé sur l'univers du manga même si c'est une extraordinaire radiographie de cet univers et de ses mécanismes, beaucoup plus sophistiqués que ceux qui régissent la bande-dessinée en Europe cette série est bien autre chose.

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En préambule, une remarque historiciste sur le genre: La grande originalité de la bande dessinée japonaise par rapport à ses homologues européennes et américaines est qu'elle a segmentée son offre ciblant par des mangas spécifiques, les jeunes garçons, les femmes au foyer, les employés des grandes entreprises, les étudiants... Toutefois Bakuman n'est pas le reflet exact de la situation du manga au Japon aujourd'hui. Il serait plutôt celle d'il y a cinq ans. Car aujourd'hui l'édition papier du manga, même si elle connait des tirages sans communes proportions avec ceux de la presse française, toutes catégories confondues, connait une crise sans précédant dont la cause principale (il y en a d'autre) est l'omniprésence du téléphone portable dans la société japonaise (comme dans la notre) en effet une grande partie de la lecture des manga se faisait dans les transports en commun extrêmement fréquentés par les tokyoites et les habitants des autres grandes villes de l'archipel, c'était un spectacle habituel d'y voir, côte à côte les occupants d'un wagon de métro plongé dans de gros albums hebdomadaires de pré publication de manga, aujourd'hui, les mêmes ont les yeux rivés sur leur portable.

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Curieusement pour une série pour adolescent, Bakuman est dans son début très pessimiste et teinté par la désillusion de ses héros malgré cela grâce au talent des auteur s le lecteur est immédiatement accroché.

Bakuman répond à toutes les règles du shonen avec son histoire d'amour ultra romantique qui paraît extravagante à des yeux occidentaux mais qui dans le contexte nippon ne l'est pas tant que cela. Sans oublier les codes graphique du genre. Le héros a des mèches rebelles et son ami a les cheveux décolorés (très fréquent chez les ados à Tokyo et à Osaka).

En filigrane la série offre une photographie pas innocente de la jeunesse japonaise. Elle nous renseigne aussi sur des valeurs de la société nipponne que nous ne partageons pas toujours ou qui sont même quasiment tabou dans la société française comme l'hérédité, ce qui n'est une pas contradiction dans un pays où les postes de commandes et les premiers rôles sont le plus souvent dévolus à des héritiers. On voit par exemple que pour les dirigeants du Jump, il est normale que Mashiro soit doué en dessin puisque son oncle était un mangaka talentueux, même s'il n'a pas connu le succès. De même, au vu de leur maison les parents d'Asuki ont réussi, donc ils sont intelligents par conséquent leur fille ne peut être qu'intelligente.

 

© Tsugumi Ohba·Takeshi Obata / SHUEISHA Inc. All rights reserved.

Bakuman au fil des épisodes met de plus en plus en lumière l'importance de l'éditeur et la pression que les lecteurs font peser sur les auteurs par le biais des sondages sur la popularité de leur manga. Outre sur les arcanes de l'éditions japonaise, Bakuman n° 10 sur penche sur des aspect technique de la création comme la forme du texte que le scénariste propose au dessinateur ou l'utilisation des trames par ce dernier. On voit également qu'un mangaka doit faire preuve de psychologie pour gérer son équipe d'assistants. Tout cela est raconté avec beaucoup de légèreté et d'humour (les auteur parviennent à se moquer de leur propre manga). Certaines pages contiennent de véritables leçons de manga.

Il n'en reste pas moins que pour l'état des lieux de l'édition du manga au Japon, Bakuman ne reflète plus la réalité d'aujourd'hui mais celle d'il y a quelques années car en 2012, ce ne sont plus les journaux de prépublication qui sont les moteurs de l'édition du manga comme ils le furent depuis une cinquantaine d'années et comme le montre Bakuman, mais les adaptations en animé ou au cinéma qui boustent les ventes des albums (c'est le cas pour Bakuman). L'un exemples les plus frappants est celui de Thermae Romae qui a été adapté au cinéma, avec de véritables acteurs, et en animé pour la télévision sans que la revue de prépublication dans lequel il paraît, connaisse une embellie significative de ses ventes. Autre exemple, « Les vacances de Jésus et Bouddha » de Nakamura Hikaru, qui vend en moyenne un million d'exemplaires de chacun des volumes de la série, n'a pas fait sortir la revue dans lequel il paraît en prépublication d'une relative confidentialité.

Alors qu'auparavant la source principale de revenu des éditeur provenait de la vente des journaux de prépublication, puis de la vente des albums lorsqu'une série avait été plébiscitée par les lecteur, c'est ce processus qui est décrit dans Bakuman, aujourd'hui ils tirent leurs bénéfices de plus en plus de la vente des droits pour la télévisions et l'édition en dvd sans oublier un pourcentage sur les entrées en salle qu'une adaptation cinématographique peut générer. Beaucoup d'éditeurs d'ailleurs participent directement à la production de ces adaptations (celles-ci qui ne nous arrivent presque jamais sont néanmoins pas trop difficile à voir via la toile si on est un peu malin, je ferai un article dans quelques temps à ce sujet).

Il est bon de rappeler quelques chiffres qui donne au Japon l'importance économique et culturelle du manga. Pour une population d'environ quatre vingt millions d'habitants, l'hebdomadaire Shonen jump ou est censé paraître Bakumen a vendu, il y a quelques années jusqu'à 6 millions d'exemplaires. Ses ventes sont aujourd'hui retombée à 3 millions chaque semaine (tout de même). Ce sont essentiellement deux séries, « One piece » (dont le tirage initial pour chaque tome est de 4 millions) et « Naruto » dont le tirage est approchant de celui de « One piece ».

 

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On remarque à certains détails à la fois la hiérarchie et l'entraide qui existent dans la société japonaise; ce qui peut aller de paire avec un certain isolement des cellules familiales entre elles. L'oncle de Mashiro est à la fois tenu en piètre estime par sa famille, c'est un artiste et pire un artiste qui ne réussit pas, et aidé par celle-ci au moment des étrennes, alors qu'il est adulte on comprend qu'il reçoit une somme importante d'argent qui va l'aider à vivre durant l'année.

On voit au travers les hésitations de Mashiro malgré ses dons et sa passion à se lancer dans la carrière de mangaka combien le modèle dominant, celui du bon garçon qui devient un salaryman et fera tout pour gravir un à un les échelons dans l'entreprise dans laquelle il sera entrée est prégnant. La grande crainte du garçon est de causer des problèmes à ses parents.

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Bakuman illustre aussi combien le petit japonais (mais est ce si différent en France) est conditionné dès le plus jeune âge et combien les premières années de sa scolarité sont cruciales. Il faut rentrer dans une bonne école pour ensuite pouvoir rentrer dans une bonne université (c'est le modèle américain) et la comme le dit Mashiro, ce sont ceux qui auront les meilleures notes qui seront les futurs dirigeants. Le seul échappatoire est de devenir artiste, mais alors la sélection est encore plus impitoyable. C'est cette compétition pour la survie que nous narre Bakuman. On voit que le responsable éditorial des deux garçon peut perdre son job s'il ne lance pas en deux ans un succès.

Ce coté lisse et gentil du héros est un des défauts de la série, il n'a rien dexceptionnel contrairement aux protagonistes de Death Note qui avaient presque tous une très forte personnalité (seul le personnage de Fukuda rappelle ceux de Death Note).

Ici les deux mangakas ne se disputent jamais et ne semblent pas avoir des égos surdimensionnés, ce qui est bien rare pour des artistes. Le scénariste veut sans doute en cela montrer avec force combien la cohésion entre un dessinateur et son scénariste est indispensable pour créer une bonne oeuvre.

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Ce qui est le plus frappant est la difficulté de communication entre les membres de la société, jusque dans la famille. Lorsque Mashiro veut communiquer avec son père, il passe par l'intermédiaire de sa mère. A noter que l'on voit jamais le père de Mashiro, pas plus que celui d'Asuki, sa petite amie, probablement pour signifier l'absence fréquente du père de famille dans les foyers japonais accaparé par l'entreprise dans laquelle il travaille et aussi après le labeur préférant rester entre collègues homme que rentrer au foyer. Même lorsqu'il veut donner un conseil à son fils le père de Mashiro préfère lui téléphoner plutôt que lui parler face à face, évitement typiquement japonais. L'image du foyer est représentée par celle de la mère de famille; femme au foyer est encore l'horizon de bien des femmes japonaises, ceci dés leur mariage, même lorsque la femme a fait des études et avait préalablement une bonne situation c'est le cas par exemple de la mère d'Asuki.

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Autre image très traditionnelle de la femme japonaise, même lorsqu'elle a un physique de jeune bimbo comme Miho la copine de Takagi qui ne semble vouloir qu'être le modèle de la gentille et sage épouse ne rêvant que son Takagi chéri accomplisse ses propres rêves.

Pour corroborer ce que j'écrivais au début de ce billet sur la situation actuelle du manga, on a le sentiment que les jeunes mangakas de Bakuman sont nostalgique de l'âge d'or de leur art. Dans les premiers volumes on trouve de nombreuses référence aux maitres du manga comme Tezuka, Toriyama, Eiichiro Oda ou Masashi Kishimoto. Cette habile mise en abîme est à la fois un hommage à l'art du manga et une manière de rendre complice le lecteur. Chaque volume est long à lire car il comporte de nombreux dialogues très explicatifs mais jamais ennuyeux.

 

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Le dessin d'Obata est immédiatement reconnaissable, sa finesse fait encore une fois merveille. Il est souvent soigné, bien que la qualité, comme dans presque tous les mangas soit inégale (on en comprend la raison après justement avoir lu Bakuman) tout en étant d'une qualité supérieur à la quasi totalité de ses confrères; pour s'en persuader il suffit d'agrandir certaines cases pour s'en apercevoir. Sa tonalité est plus claire que dans Death note et se rapproche de celle d'Hikaru No Go. Il est recommandé d'être bien attentif aux détails de certaines cases pour gouter pleinement ce manga. Il est amusant de constater, alors que depuis le  volume numéro 1, nous en sommes aujourd'hui au 10, cinq ans ont passé, les deux garçons n'ont presque pas changé d'apparence physique en revanche, ils ont, normalement, évolués psychologiquement.

 

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© Tsugumi Ohba·Takeshi Obata / SHUEISHA Inc. All rights reserved.

 

Il serait naif de croire qu'il n'y a pas de différences de qualité entre les tomes d'une même série, mais il n'en est pas autrement avec les roman dont suivant les chapitres les temps forts alternent avec les temps faibles qui sont par ailleurs des respirations nécessaires au récit. Le tome 10 de Bakuman, est avec le premier le plus dense. Saikô et Shûjin, qui rêvent de devenir de grands auteurs de mangas, se sont mis eux-mêmes au pied du mur. Sans savoir que leur premier responsable éditorial, M. Hattori, tire les ficelles en cachette, ils préparent leur nouvelle série en suivant scrupuleusement les directives de M. Miura, leur responsable actuel. À quel manga génial vont-ils aboutir ?! Ce dixième opus nous donne un véritable documentaire sur les coulisses du plus grand magazine de pré-publication de mangas au Japon. Il montre en particulier le rôle crucial qu'a l'éditeur pour un auteur. A la lecture, on voit bien que l'éléboration d'un manga est une oeuvre collective (tout du moins pour ceux qui ne sont pas les grandes stars du média) et va à l'encontre de l'idée du créateur qui élabore son oeuvre dans l'isolement de son atelier, image inéxacte que tant pourtant à propager, par ailleurs l'excellente revue Animéland.

La fin de la série, elle comporte vingt tome, est un peu conventionnel, et puis on est si triste de la voir se terminer. On aurait aimé en savoir plus sur certains seconds rôles aussi attachant que les deux héros 

 

 



 

Bakuman est un de ces nombreux mangas instructifs, ce dernier mot est pour notre malheur devenu désuet alors qu'avec la complexité toujours plus grande du monde devrait être celui que l'on met le plus à l'honneur. Il possède au plus haut point le secret, qu'il partage avec quelques uns de ses semblables, celui de nous en apprendre beaucoup en nous distrayant.

 

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j'ai pris cette photo en octobre 2011 dans le métro de Tokyo

Après l'animé le manga a bénéficié d'une adaptation cinématographique, avec de vrais acteurs, sortie au Japon le 3 octobre 2015 curieusement bien après la fin de sa publication en manga. Le film est réalisé par One Histoshi, avec Satoh Takeru, Kamiki Ryunosuke, Komatsu Nana, Kiritani Kenta... Le film lors de son premier week-end a engrangé 184 263 spectateurs et plus de deux millions de dollars de recette!

Bande annonce du film

 

 

image publicitaire lors de la sortie du film au Japon.

image publicitaire lors de la sortie du film au Japon.

Cosplay >> Bakuman









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Publié dans Bande-dessinée

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George Stubbs (Grande Bretagne 1724-1806)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 George Stubbs (Grande Bretagne 1724-1806)

Publié dans peinture

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Que la jeunesse...

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
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Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...

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case en exergue, Russ Manning

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Russ Manning

C'était au temps où l'on pouvait dessiner de méchants nègres...

Publié dans Bande-dessinée

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single man un film de Tom Ford (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

single man un film de Tom Ford (réédition complétée)

 

Tom ford a single man

USA, 2009, 1h 30 mn
 
Réalisation: Tom Ford, scénario: Tom Ford d'après le roman de Christopher Isherwood,image: Eduard Grau, montage: Joan Sobel, décor: Dan Bishop, costume: Arianne Phillips, musique:Abel Korzeniowski & Shigeru Umebayashi
 
avec: Colin Firth, Julianne Moore, Nicholas Hoult, Matthew Goode, Jon Kortajarena
 
Résumé:
 
Nous suivons, sur une journée, George Falconer ( Colin Firth ), un anglais d'une cinquantaine d'années, professeur à l'université de Los Angeles et homosexuel. L'homme est brisé par la mort accidentelle de son ami Jim ( Matthew Goode ), avec lequel il vivait depuis seize ans. George a décidé que cette journée sera la dernière et qu'à son terme, il se tirerait une balle dans la tête. Des retours en arrière, réminiscences du bonheur passé, nous font revivre la passion amoureuse entre Jim et George. Dans son ultime jour, il souhaite faire ses derniers adieux, que ce soit à sa femme de ménage, à sa secrétaire, à ses élèves… Il passe à la banque pour vider son coffre, il écrit des lettres d'adieu pour les uns et les autres, il choisit méticuleusement ce qui sera sa dernière tenue. Cet homme élégant veut partir avec élégance, sans gêner personne.Mais George, découvre la beauté du monde. Tout l'enjeu du film réside dans le suspense suivant: est-ce que cette redécouverte de plaisirs simples, le fait que Charley, sa meilleure amie ( Julianne Moore) lui dise qu'il lui est indispensable et surtout que son bel étudiant préféré, Kenny (Nicholas Hoult) soit amoureux de lui, suffiront pour que George revienne sur la décision de se tuer?
 
L'avis critique
 
Il y a des acteurs qui font un sort à chaque réplique et plus rare des cinéastes qui en font un à chaque image. C'est le cas de Tom Ford qui a fait de « Single man » une suite de tableaux où tout est signifiant et a été minutieusement étudié. Les cadrages sont réglés au millimètre. Les couleurs sont minutieusement choisies pour toujours être en harmonie entre elles. Leurs tonalités indiquent l'humeur du héros-narrateur; quand il échappe à son mal de vivre, elles se réchauffent et de ternes deviennent étincelantes. Du moindre plan même d'une non action aussi triviale que son personnage sur les cuvette des W.C. Lisant un livre, le réalisateur le transforme en une image esthétique qui en plus nous informe sur la psychologie de George.
Comme vous le savez un de mes vices, est de découvrir dans les films d'époque, et en particulier ceux se déroulant dans le XXème siècle, que nous avons quitté il y a dix ans déjà, l'anachronisme ayant échappé tant au réalisateur, qu'au monteur et à la script, je n'en ai pas vu le moindre durant tout le film. Si je n'ai qu'un léger doute c'est sur le slip de Kenny que bien évidemment je ne quittait pas des yeux, espérant qu'il disparaisse, ce qu'il fit; c'est que j'en trouve l'étoffe bien légère pour un modèle de 1962. J'en appelle aux spécialistes pour me donner leur avis sur le sujet et puis en ce temps là les jeunes américains n'étaient ils pas plus porté sur le caleçon blanc?
 
A Single Man
 
On peut regretter que le film ne nous offre que de belles vues arrières de la nudité de Nicholas Hoult (voir les images en fin du billet), mais je suppose qu'une vue frontale aurait par les temps qui courent condamné le film à une quasi clandestinité...
 

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Tout dans le film n' est qu'une suite d'images superbes. Le moindre objet est une merveille y compris le pistolet avec lequel George doit se donner la mort. La caméra s'attarde sur ces ustensiles souvent lourds de sens, en les isolant dans des plans marquées par une faible profondeur de champ et un piqué sans reproche. « Single man » est un film raffiné qui sous la simplicité de son intrigue offre une lecture à plusieurs niveaux. Le spectateur connaissant un peu l'Amérique de ce début des années 60 n'en retirera que plus de plaisir. Il demande d'être attentif au décor, ce qui n'est guère difficile car trop parfait, il a tendance à monopoliser l'attention. Ainsi aperçoit, on dans le bureau de la somptueuse maison d'architecte que George habite, un petit dessin de DonBachardy. Il est là pour nous rappeler que « Single man » est adapté du roman éponyme de Christopher Isherwood. Don Bachardy et l'écrivain ont vécu ensemble de longues années dans une maison dans les canon de Los Angeles. Single man est en parti autobiographique. C'est en1953, que Don Bachardy, il avait dix-huit ans, a rencontré Christopher Isherwood qui était alors âgé de quarante-huit ans. Ils ont vécu ensemble jusqu'à la mort d'Isherwood en 1986. Un certain nombre de romans d'Isherwood présente en couverture un des portraits au crayon que Bachardy a réalisé de l'auteur. Un film sur leur relation Chris & Don: A Love Story est sorti en 2008. Bachardy figure au générique de « Single man » en tant que consultant...
 
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La superbe maison dans laquelle a été tourné la majeure partie de "A single man" de Tom Ford a été à vendre 1,5 million $, peu après le tournage du film. C'est The Schaffer residence qui a été construite en 1949 par l'architecte John Lautner. Elle est située à Glendale soit à 15 mn de downtown L.A. Me souvenant de mes pérégrinations californiennes, j'ai été surpris qu'une telle maison dans les collines soit aussi près de la plage... J'avais raison, mais c'est la magie du cinéma, dans la réalité The Schaffer residence est assez loin de la mer...
 
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J'ai lu dans une interview du cinéaste, il avait rencontré tout jeune ce couple célèbre lorsqu'il fréquentait leur ami David Hockney. Il nous reste plus qu'à espérer que le surdoué Tom Ford écrive rapidement les souvenirs de ce temps là...
Parfois l'image est si belle que l'on ne peut s'empêcher de la trouver un peu trop parfaite comme celles de la belle scène entre George et Carlos, le jeune prostitué espagnol ( Jon Kortajarena ) qui échangent des propos désabusés et presque tendres devant une immense affiche de « Psychose » où le regard horrifié de Janet Leigh. Pendant leur conversation le ciel de Los Angeles tourne à l'orangé et toute la scène baigne dans une lumière qui se réchauffe progressivement. Ce sont sans doute le souvenir de son ancien métier qui fait que Tom Ford joue constamment sur les couleurs. Par exemple, le réalisateur évoque la monotonie du quotidien de George par le procédé, certes classique, de la désaturation des images qui fait tendre la couleur vers le noir et blanc. Au contraire les couleurs sont saturées dans les scènes où Kenny « ressuscite » son professeur transi. C'est aussi par un artifice de la couleur que Tom Ford parvient a nous faire sentir le déchirement de George, son impossible deuil. Hier il lisait en écoutant de la musique avec Jim, leurs chiens à leurs pieds dans la lumière mordoré de leur salon et le lendemain, il n'est plus là. La couleur a presque disparu. On éprouve la douleur physique de celui qui reste, échoué en un monde qui a perdu tout sens pour ce naufragé. Parfois aussi la colorimétrie varie au sein d'un même plan...
Toute cette magnificence, toute cette science et ce léché de l'image, à un moment de la projection j'ai pensé à Visconti, (et aussi à James Ivory et Wong Kar Wai) sans doute à cause de la morbidité qui sous tend le film comme elle sous tendait « Mort à Venise » et « Violence et passion », fait paradoxalement en partie obstacle à l'empathie que l'on devrait avoir avec Georges cet homme bien sous tout rapport, brisé par un absurde et cruel destin. 
L'artificialité assumée de l'image est en complète contradiction avec le jeu naturaliste, et parfait, des acteurs et avec le genre mélodramatique du récit. Cette collision peut surprendre, décontenancer et même agacer, mais après tout comme ce parti pris est tenu, et avec quelle maestria de bout en bout, il devient un style, une signature, ce qui n'est pas rien pour un premier film, il ne reste plus qu'a attendre la prochaine collection... Tom Ford avant de se mettre au cinéma était styliste; à moins de trente ans il a sauvé la maison Gucci et à moins de quarante on lui doit les derniers feux d'Yves Saint-Laurent. Et voilà que juste avant la cinquantaine, il réalise un film qui ne ressemble à aucun autre, sur un sujet bien peu consensuelle, l'impossibilité d'affronter la vie après la mort de l'être cher. D'autant que cet amour brisé est un amour homosexuel. Il y ajoute quelques thèmes annexes aussi que dérangeant que les relations amoureuses entre un élève et son professeur de même sexe, l'alcoolisme mondain, le fantasme de la peur dans la société américaine... J'ajouterais un regard non dénué de chaleur et de compréhension pour la prostitution masculine. C'est beaucoup, c'est courageux et c'est un véritable tour de force d'aborder tout cela, en invitant à la réflexion en 1heure trente tout juste. Le montage aurait pu être même encore plus sec en s'attardant un peu moins dans certaines scènes de liaison comme celles dans le joli coupé Mercédes 220 S et en écourtant celle avec la petite fille dans la banque.
A propos de cette dernière séquence, que l'on pourrait croire issue d'un film fantastique, il est remarquable que le réalisateur, dans un film aussi dense, maistoujours fluide, se permette des sortes d'apartés dont celle très réussie et à la limite du burlesque, de George cherchant la meilleure position pour s'occire. On croirait du Tati grinçant. Devant d'autre séquences ont peine à déceler si elles sont réelles ou oniriques...
A ceux qui pourrait reprocher le manque de réalisme de son film, Tom Ford a répondu par avance: A ses détracteurs, le cinéaste novice répond : « L’époque du film s’y prête : on est en plein dans l’American Dream, les gens aimaient le chic et l’élégance. Et puis je veux faire rêver les gens : si vous cherchez du réalisme, il y a la télé et les documentaires ! Je crois que même si je faisais un film sur les bidonvilles, il y aurait du glamour ! » .
On ne s'étonnera pas que Tom Ford est situé son premier film à l'homme des années 60. Il a depuis ses débuts de styliste puisé son inspiration dans les modèles de ces années là. La relecture des codes vestimentaires plus que simple recours à une nostalgie factice, est la pratique forgea son style. On peut constater qu’il en va de même pour son entrée en cinéma... Et Colin Firth devint le nouveau Cary Grant...
Tom Ford dans « Single man » ne renie pas son amour de la mode en témoigne la forte présence des lunettes, l'accessoire fétiche du créateur; à ce sujet, on retrouve Nicholas Hoult dans la campagne publicitaire de la collection de lunettes printemps-été 2010 de Tom Ford... On peut aussi considérer que l'impeccable vestiaire des personnages, est un clin d'œil de l'artiste à l'autre facette de sa vie.
Très intelligente est la façon qu'à le scénario, par petites touches, de situer l'histoire privée de George dans l'Histoire, la crise des missiles cubains en 1962... De même c'est avec beaucoup d'habileté qu'il traite la condition des gays américains à cette époque, condamné à la clandestinité même dans un milieu privilégié économiquement et intellectuellement. La discussion que George a avec Charley est très révélatrice à ce sujet. Cette ancienne beauté, griffée par l'abus de gin, ne peut concevoir la relation entre deux homme que comme une un pis aller, une substitution, un ersatz par rapport au seul amour véritable à ses yeux, celui d'un homme et d'une femme dont le but et le devoir est la procréation.
 
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Chaque acteur est magnifié par la caméra d'Eduard Grau. Ce qui n'est pas un exploit lorsque l'on a sous l'objectif d'aussi beaux spécimens humains que Colin Firth qui tient tout le film et qui n'a pas volé son prix d'interprétation à Venise, Julianne Moore, Nicholas Hoult qui a su bien rebondir après « Skins » et Jon Kortajarena mannequin vedette et dont c'est le premier rôle au cinéma, ce qui ne l'empêche pas d'être exemplaire dans la seule scène qu'il a à défendre.
Le fait que cette histoire d'amour soit une histoire entre deux hommes n'est pas primordiale au fond. Tom Ford avec raison veut élargir le propos: << Le thème de l'homosexualité n'a pas été décisif: c'est une histoire universelle sur l'isolement et la perte d'un être cher. Le livre a beaucoup fait parler à sa sortie, en 1964, parce que c'était la première fois qu'un auteur traitait de l'homosexualité d'une façon très normale (...). Pour ma part, je suis très à l'aise avec ma sexualité et, si je devais lister dix choses qui me définissent, être gay n'en ferait pas partie (...) L’une des choses que j’ai toujours aimées de Christopher Isherwood, c’est la manière dont il traite de l’homosexualité, affirme Ford. Le personnage gai de l’histoire est tout simplement dépeint comme un être humain qui vit sa vie (…) Je ne voulais pas que le film soit l’histoire d’un gai ou une histoire vraie, mais qu’il soit une histoire humaine. Plus nous réaliserons que l’amour entre deux personnes, c’est l’amour en tre deux personnes, mieux nous nous porterons tous.»
A noter que dans la bande son on entend entre autres une belle chanson d'époque de Serge Gainsbourg.
J'aurais préféré que le film se termine par un happy end que les protagonistes me semblaient avoir mérité (pour cela partez cinq minutes avant la fin sur le plan de George refermant la chambre sur kenny dormant... L'ami avec qui j'ai vu le film me faisait remarquer qu'il y avait bien un happy end... pour la femme de ménage. Et puis il reste une question qui reste béante qu'est devenu le deuxième chien?
A Single Man, le film
 
 
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A Single Man, 5
 
 
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A Single Man, 2
 
A Single Man, 4
 
Bande annonce
 
pour voir et télécharger le film: ICI
 
 
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Il existe en France un très beau blue ray de ce film indispensable pour pleinement en profiter...

Publié dans cinéma gay

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